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Entre le Québec et la France

Alexandra Pasquer
Photo courtoisie, Olivier Chatelain L'écrivaine, Alexandra Pasquer.

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D’origine canadienne, l’écrivaine française Alexandra Pasquer s’est inspirée en partie de l’histoire de sa famille pour écrire Un cœur en sourdine, roman intéressant se déroulant entre deux époques, et entre le Québec et la France. Il s’agit d’un roman où l’Histoire occupe une grande place, mais aussi l’amour, puisqu’un océan a séparé deux jeunes gens épris l’un de l’autre.

Marie habite à Sherbrooke. Devenue couturière, elle est mariée à Ghislain depuis une trentaine d’années. Ensemble ils ont eu six enfants. Derrière les apparences heureuses, un drame a laissé sa trace : en 1944, Marie venait tout juste de rencontrer John, un Canadien anglais, mobilisé pendant la Deuxième Guerre mondiale.

La guerre a brisé bien des rêves, bien des couples, bien des familles. John est parti pour la France et le Débarquement de Normandie a complètement changé sa vie, tout comme celle de son meilleur ami, un Amérindien surnommé Wendigo, mobilisé lui aussi. 

<strong><em>Un cœur en sourdine</em><br>Alexandra Pasquer</strong><br>Éditions Préludes<br>250 pages
Photo courtoisie
Un cœur en sourdine
Alexandra Pasquer

Éditions Préludes
250 pages

Des décennies plus tard, le passé revient hanter le présent. Alexandra Pasquer raconte donc avec sincérité cette histoire inspirée de faits historiques marquants, qui prend vie entre deux continents.

« Je me suis éclatée ! J’ai fait beaucoup de recherches, beaucoup d’échanges et ça m’a plu, dit-elle. J’avais ma double nationalité tout le temps avec moi : le Canada et la France. C’est sympathique. » 

Au cours de ses recherches, elle en a appris beaucoup sur la présence des Canadiens envoyés au front. « Il y a eu un nombre de morts hallucinant. Et en fait, on parle peu des Canadiens : on parle tout le temps des Américains, des Australiens, des Anglais, des Français... mais pour les Canadiens, c’est beaucoup moins mis en avant. »

Différences culturelles

Elle a beaucoup travaillé sur les différences de culture, observe-t-elle. « Je voulais que chaque personnage soit vraiment très particulier : mon Canadien anglais était protestant et venait d’Ontario, ma Québécoise parlait français et était catholique, et il y a un Amérindien. » 

John et Wendigo se retrouvent en France, et y vivent un choc culturel en côtoyant les Français. « Ce qui est intéressant, c’est de faire en sorte que les personnages se rencontrent, et que ça fasse évoluer les mentalités de chaque côté. » Par le truchement du personnage de Wendigo, elle glisse également beaucoup d’information sur les Amérindiens dans son roman, et parle entre autres du scandaleux Sixties Scoop (la rafle des années 1960), où des milliers enfants amérindiens furent enlevés et placés en adoption.

L’histoire entre Marie et John a été créée de toutes pièces, assure-t-elle. « Ils n’ont rien en commun. Ils n’ont pas la même langue ni la même religion. » Malgré cela, la rencontre a été marquante, comme on le voit souvent en amour.

Une Tremblay !

Puisque la mère d’Alexandra Pasquer est une Tremblay originaire de Sainte-Rose-du-Nord et qu’elle a beaucoup de famille au Québec, l’autrice s’intéresse à la généalogie. Cette grande famille, à l’origine, venait du Perche, en France. Il est possible qu’elle s’y intéresse pour un roman, bien que ses lecteurs lui réclament la suite d’Un cœur en sourdine.