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Violence conjugale: «Ça prend un message plus musclé»

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La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes interpelle le premier ministre François Legault afin qu’il aille plus loin qu’un message «d’homme à homme» pour contrer la violence conjugale. Elle réclame que les autorités sévissent rapidement auprès des contrevenants.

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Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, s’est dite ébranlée, une fois de plus, par les événements de violence conjugale des derniers jours, dont celui survenu lundi dans le secteur de Limoilou, à Québec.  

Six meurtres liés à la violence conjugale sont survenus en deux mois au Québec, sans compter les femmes qui ont été blessées gravement par leur conjoint, dont lundi à Québec et samedi à LaSalle. 

Manon Monastesse, Directrice générale
Photo d'archives
Manon Monastesse, Directrice générale

Le confinement

Cette série noire, les refuges pour femmes l’avaient malheureusement prédite au début du mois de février.

Le confinement a augmenté l’emprise des hommes violents sur leurs femmes, et ceux-ci ne peuvent tolérer de perdre du pouvoir. 

«La pandémie était, pour les conjoints violents, un moment idéal car ils pouvaient exercer leur contrôle de façon totale sur leur conjointe, explique Mme Monastesse. Maintenant, les femmes qui sont dans un contexte de violence conjugale sont plus “libres”, et ce n’est pas une “bonne nouvelle” pour les conjoints violents car ils perdent cette emprise qu’ils avaient.»  

Morts annoncées

Selon Mme Monastesse, dans plus de 60 % des homicides commis dans un contexte conjugal, une vingtaine de facteurs de risque n’avaient pas été considérés par les intervenants, comme des contextes de séparation ou des antécédents de violence conjugale. 

«Je dis toujours que c’est une chronique de morts annoncées, car ç’aurait pu être prévenu s’il y avait eu une bonne évaluation», se désole-t-elle. 

Mme Monastesse demande au premier ministre d’être plus convaincant. 

«Je veux un message de chef d’État, que la violence, c’est inacceptable et qu’il y aura des conséquences et arrestations. Ça prend un message plus musclé», observe-t-elle.  

Elle invite tous les hommes à prendre un rôle dans la lutte à la violence faite aux femmes, que ce soit dans le cadre de la vie professionnelle, familiale ou amicale.