/finance
Navigation

Retour des Expos: Legault ouvert à financer un stade de baseball à Montréal

Le PM évoque la possibilité d’un « prêt pardonnable »

François Legault estime que les retombées fiscales d’une équipe de baseball, notamment les impôts payés par les joueurs, pourraient être un jeu qui en vaut la chandelle.
Photo Stevens LeBlanc François Legault estime que les retombées fiscales d’une équipe de baseball, notamment les impôts payés par les joueurs, pourraient être un jeu qui en vaut la chandelle.

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre François Legault s'est dit ouvert à aider le fonds de la riche famille Bronfman à construire un stade de baseball à Montréal en investissant de l’argent public dans le projet.

• À lire aussi: La riche famille Bronfman veut de l’argent public pour son stade

Selon lui, l’arrivée d’une nouvelle équipe professionnelle pourrait créer de nouveaux revenus pour l’État, notamment grâce aux impôts payés par les joueurs millionnaires au Québec.

En exemple, il rappelle l’idée derrière les «prêts pardonnables» accordés par son gouvernement à plusieurs entreprises ces dernières semaines: «dans le fond, on est prêt à offrir une subvention qui est inférieure aux revenus additionnels qui sont entrés au gouvernement du Québec».

«Donc, si on est capables d'amener une équipe de baseball, puis que ça amène plus de revenus que l'aide qu'on donne à l'entreprise, bien, tout le monde est gagnant, incluant les Québécois», a-t-il résumé.      

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoît Dutrizac, sur QUB radio:   

Vendredi dernier, leur fonds Claridge s’est inscrit au Registre des lobbyistes en vue de faire des démarches auprès de l’État québécois pour obtenir de l’argent public pour leur projet de stade de baseball de plusieurs centaines de millions destiné à ramener une équipe à Montréal.

Plus tôt en matinée, mardi, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, s’était lui aussi montré intéressé par le projet.

«Il n’y a pas un projet que je ne regarde pas. Ma responsabilité pour les Québécois, c’est de regarder tous les projets», avait-il laissé tomber en réaction à une question de Vincent Marissal, député de Québec solidaire, lors d’une étude des crédits de son ministère.

Du même souffle, le ministre de l’Économie avait ajouté que sa responsabilité est de regarder tous les projets qui peuvent «enrichir les Québécois».

«Je n’ai aucune idée préconçue sur le bien-fondé ou non d’investir dans le stade», a-t-il expliqué.

Mais pour les partis d’opposition, il est inimaginable de financer à même les fonds publics la construction d’un stade de baseball à Montréal dans le contexte de la pandémie. 

  • Écoutez La rencontre Dutrizac-Dumont sur QUB radio:  

Comme elle n’a pas vu le montage financier du projet, la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, ne ferme pas complètement la porte à la demande, mais la trouve «difficile» à concilier avec le contexte pandémique. «On a énormément de priorité dans les prochains mois, dans les prochaines années, au Québec, énormément d’enjeux en matière de santé, d’accompagnement de notre population, a-t-elle rappelée. Je trouve difficile de penser que c’est là que l’argent des contribuables doit aller.»

Pour le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, donner des subventions à des entreprises privées profitables comme les équipes de sport professionnel n’est pas «une bonne décision».

«S’il faut mettre de l’argent public dans le sport au Québec, il faut le mettre pour encourager les petits gars et les petites filles à pratiquer le sport qui les passionne», a-t-il martelé.

Même s’il dit être un «fan fini» de baseball, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, «ne vois pas comment on peut financer avec des fonds publics un stade».

«Nos infirmières, nos enseignants et plusieurs travailleurs du secteur public n’ont toujours pas de convention collective [et] il manque des dizaines de milliers de places en garderie, a-t-il expliqué, en conférence de presse. Il y a des problèmes criants qui font en sorte que je ne verrais pas défendre un projet à même les fonds publics» a-t-il indiqué.

Qui plus est, sous sa gouverne, le Parti québécois n’aurait pas non plus financé le Centre Vidéotron, pourtant défendu bec et ongle par le gouvernement de sa prédécesseure, Pauline Marois, a-t-il affirmé.

Argent public et nouveau stade de baseball: le grondement est bien audible          

Agence QMI

Sans trop de surprise, beaucoup de voix, incluant celle de la Fédération canadienne des contribuables (FCC), se font entendre afin de dénoncer la demande de subvention gouvernementale du Groupe Baseball Montréal, qui souhaite faire construire un nouveau stade en vue d’un possible retour des ligues majeures dans la métropole québécoise.

Aux yeux de la FCC, l’appui de Québec au projet piloté par l’homme d’affaires Stephen Bronfman est totalement insensé.

«Ce n’est pas aux contribuables québécois de payer un nouveau stade pour qu’un riche groupe d’investisseurs s’enrichisse avec une équipe sportive. Et si Bronfman veut absolument avoir un stade payé par les contribuables, ça tombe bien: Montréal en a déjà un», a mentionné par voie de communiqué le directeur pour le Québec de la FCC, Renaud Brossard, en faisant allusion au Stade olympique, domicile des Expos de 1976 à 2004.

«La littérature économique est claire: les contribuables perdent leur argent lorsqu’ils paient pour les stades d’équipes sportives», a ajouté le dirigeant, rappelant que les trois stades du baseball majeur construits dans les 10 dernières années ont coûté chacun au moins 630 millions de dollars. «Ce n’est pas à nous de dépenser des centaines de millions pour que de richissimes propriétaires d’équipes sportives s’enrichissent.»

Propriété de Bronfman, la firme Claridge s’est inscrite au registre des lobbyistes lundi, confirmant son intention de demander une contribution au gouvernement provincial. L’entreprise en question a été fondée par l’ancien propriétaire des Expos et père de Stephen Bronfman, Charles. Ce dernier a une fortune de 3,1 milliards de dollars, d’après le magazine Forbes.