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Attaran et l’intimidation canadienne: un prélude au jugement sur la loi 21

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon
Photo d'archives Stevens Leblanc Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon

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L’Université d’Ottawa a laissé savoir, hier, qu’il n’y aurait pas de sanctions ni d’excuses pour les propos diffamatoires répétés d’Amir Attaran envers les Québécoises et les Québécois et, incidemment, envers le soussigné et son parti.

À en croire son recteur, les expressions «suprémaciste blanc», «nation spécialement raciste», «cerveau desséché», «lynchage médical» et «retardés», et le ciblage constant des Québécois seraient une forme de liberté d'expression normale, un comportement banal ne méritant ni sanctions ni excuses. On peut donc s’attendre à ce que Attaran continue son Quebec-bashing et le déversement de sa haine anti-Québécois en toute quiétude.

Racisme

On doit aussi se demander si le silence de l’Université d’Ottawa, pourtant si proactive dans les autres dossiers de racisme allégué, ne vient pas du fait que Attaran valide publiquement une croyance largement partagée parmi les Canadiens, à savoir que les Québécois sont racistes de nature.

Un des messages récurrents de Attaran est que parce que le Québec ne se conforme pas à la théorie du racisme systémique et au modèle du multiculturalisme canadien, il est forcément raciste et retardé. Une telle approche, qui est typique de l’idéologie qui s’est emparée des facultés de sciences sociales de plusieurs universités en Amérique du Nord, consiste à intimider au lieu de convaincre, à diffamer jusqu’à ce que les inconvénients de s’opposer à cette mouvance idéologique soient tellement grands que plus personne n’ose s’y aventurer. Le récit de Bret Weinstein à l’Université Evergreen et ceux de plusieurs autres universitaires partout en Occident sont très éloquents à cet égard.

Le Québec et le Parti québécois connaissent bien ce qu’est l’intimidation: la stratégie fédéraliste de maintien du Québec dans le Canada au cours des dernières décennies a été bâtie sur l’intimidation et la peur qu’elle peut engendrer dans l’électorat. Rappelons à titre d’exemple que Camille Laurin et René Lévesque se faisaient traiter de nazis pour la loi 101, de même que Lucien Bouchard et Jacques Parizeau, qui ont dû intenter des poursuites civiles, et que le Plan B de Jean Chrétien à la suite du référendum de 1995 était essentiellement fondé sur l’intimidation des indépendantistes.

Des questions

On doit par conséquent se poser des questions: qui donc colporte la haine et l’intolérance? Qui impose un dogme en ne donnant aucun espace pour la diversité de point de vue? Qui use d’intimidation pour s’assurer d’imposer ses opinions? Les inclusifs et les tolérants à la diversité ne sont pas nécessairement ceux qu’on pourrait croire.

Ces questions se poseront avec beaucoup d’acuité lorsque le jugement sur la validité de la loi 21 sera rendu. Pour la mouvance racialiste, la loi 21 – tout comme la loi 101, d’ailleurs – est la matérialisation du racisme, l’exemple parfait de ce que constitue le racisme systémique.

Pour reprendre les mots de Bochra Manaï, commissaire au racisme systémique nommée par Valérie Plante, il s’agit d’une loi d’inspiration suprémaciste. La manière dont les groupes québécois autoproclamés «antiracistes» marchent main dans la main avec les groupes fédéralistes multiculturalistes est très révélatrice de ce qui attend les Québécois dans ce dossier: davantage de mépris et d’intolérance.

Or, le sort en est déjà jeté pour ce jugement qui, comme l’ont relevé plusieurs observateurs, sera rendu par un juge dont les affinités avec le multiculturalisme canadien et les partis fédéralistes laissent perplexe. Comme plusieurs autres institutions canadiennes, notre système juridique est touché par un conformisme idéologique palpable, une croyance partagée en le modèle multiculturaliste canadien.

On peut donc redouter que s’ensuivra un jugement qui générera encore plus de mépris et d’intolérance envers la démocratie québécoise et les Québécois eux-mêmes. L’acharnement d’un Attaran au cours des derniers mois n’est probablement qu’un avant-goût de la diffamation qui nous attend.

La réalité est que l’idéologie du multiculturalisme canadien est très intolérante à toute tentative de la remettre en question. Or, cette idéologie est fortement imbriquée dans plusieurs des institutions canadiennes que nous finançons à même nos impôts. En d’autres mots, nos propres impôts servent à démolir nos choix démocratiques, à dévaloriser toute divergence que le Québec pourrait avoir face aux choix du Canada et à intimider les Québécois qui oseront tenter de mettre un frein au régime qui nous est imposé.

Les Québécois devront donc s’accrocher s’ils veulent conserver leur droit à faire eux-mêmes leurs choix démocratiques. Toutefois, vu la nature institutionnelle et incroyablement constante de cette intimidation dans notre histoire, il n’y a qu’une seule solution qui permettra d’assurer durablement notre liberté de nous autodéterminer: quitter le Canada en faisant notre indépendance.

– Paul St-Pierre Plamondon, Chef du Parti québécois

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