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Féminicides au Québec: les partis d'opposition à l'Assemblée nationale réclament de nouvelles sommes

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Les partis d’opposition réclament de nouveaux fonds pour répondre aux besoins croissants en matière de violence conjugale, au moment où le Québec connaît une vague de féminicides.

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Pour la cheffe libérale, Dominique Anglade, le gouvernement Legault doit doubler les sommes destinées cette année aux maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. L’enveloppe passerait ainsi de 24 M$ à 48 M$ afin de répondre aux besoins croissants.  

Le Parti québécois, de son côté, chiffre la hausse nécessaire à 70 M$ supplémentaires pour l’année à venir. «C'est une demande du milieu pour simplement assurer une place à toutes les femmes qui cognent à la porte et, évidemment, il faudra aussi ajouter une création de places additionnelles», a affirmé la députée Méganne Perry Mélançon en point de presse.  

Le budget déposé jeudi par le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, sera donc scruté à la loupe par les partis d’opposition. En décembre dernier, Québec avait débloqué 180 M$ sur cinq ans pour lutter contre les violences conjugales. De ce montant, 120 M$ était destiné à rehausser le financement des maisons d'hébergement.  

«Et si on doit mettre plus d'argent, nous mettrons plus d'argent», a assuré la vice-première ministre Geneviève Guilbault mercredi. 

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«Ça doit cesser»

Dans un point de presse en compagnie de la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, Mme Guilbault a déploré les sept féminicides survenus au Québec au cours des sept dernières semaines.  

«On ne peut pas accepter ça comme femme, comme gouvernement, comme société, et je pense que tout le monde est d'accord là-dessus. On ne peut pas accepter ça, et ça doit cesser, cette violence envers les femmes», a-t-elle déclaré.  

D’une part, la ministre a rappelé aux femmes victimes de violence conjugale qu’elles peuvent fuir leur domicile à tous moments, peu importe si le couvre-feu est en vigueur ou si elles doivent contrevenir aux règles sanitaires pour se réfugier chez une amie.  

Hausse des signalements

Quant aux hommes: «n'hésitez pas à demander de l'aide», a lancé Mme Guilbault. La ministre assure d’ailleurs que «l’aide est disponible».  

Pourtant, un récent reportage du Journal faisait valoir que le temps d’attente a doublé dans plusieurs ressources qui viennent en aide aux hommes violents, passant de un à deux mois. 

Le Québec fait d’ailleurs face à une hausse du nombre du nombre de signalements en matière de violence conjugale: ceux-ci ont augmenté de 12% au cours des cinq dernières années.

Pour la co-porte-parole de Québec solidaire, il ne fait aucun doute que la pandémie, avec ses tensions et le confinement, explique en partie la vague de féminicides actuelle. «Bon an mal an, c'est une femme par mois qui se fait tuer par un conjoint ou un ex-conjoint depuis des années. Là, il y a une accélération», dit Manon Massé. 

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