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Le prof universitaire refuse de s’excuser au Québec

Amir Attaran n’a pas l’intention de retirer ses propos malgré les menaces

Amir Attaran
Capture écran CPAC Le professeur Amir Attaran en conversation sur la Chaîne d’affaires publiques par câble (CPAC en anglais), en avril 2020.

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Le professeur de l’Université d’Ottawa accusé de faire du « Québec bashing » persiste et signe : le racisme est une réalité au Québec et le nier empêche la société québécoise de progresser.

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« Le Québec est la seule province au Canada qui nie que le racisme systémique existe. C’est un fait. Ce n’est pas une opinion », réplique sans détour Amir Attaran en entretien au Journal

  • Écoutez la députée du Parti libéral Hélène David avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Le professeur à la Faculté de droit et à l’École d’épidémiologie et de santé publique de l’Université d’Ottawa a soulevé un tollé en comparant le Québec à un « Alabama du Nord » qui pratique le « lynchage médical » et qui est dirigé par un gouvernement de « suprémacistes blancs ». 

Il réagissait ainsi aux multiples tentatives du CISSS des Laurentides de recruter des préposées aux bénéficiaires « de couleur de peau blanche » pour travailler à l’hôpital de Saint-Eustache.   

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Racisme présent partout

Avocat, Amir Attaran explique avoir été confronté à davantage d’hostilité à l’égard des minorités dans les tribunaux québécois qu’ailleurs au pays, en particulier lorsqu’il a défendu les droits territoriaux de communautés algonquines.

Il est cependant d’avis que le racisme est présent partout au Canada, comme il l’est aux États-Unis, et qu’il ne disparaîtra pas si les minorités continuent de l’accepter la tête basse.

« J’ai deux choix : me cacher ou me battre. J’ai choisi de me battre », dit celui qui traîne d’ailleurs son employeur devant les tribunaux pour discrimination.

« Les personnes racisées qui ont des expériences personnelles ont le droit d’exprimer leur réalité. C’est important, et on doit les écouter », a déclaré hier le chef du NPD, Jagmeet Singh, à la défense de son collègue le député Matthew Green, qui a publiquement appuyé M. Attaran.

Le racisme n’est cependant pas la seule cause de l’universitaire. Ces derniers mois, celui qui consacre ses recherches à la santé publique s’est surtout attaqué à la stratégie du gouvernement pour lutter contre la pandémie.

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Critiquer pour changer

Avant cela, il était la bête noire des institutions de santé internationales. Ses critiques ont notamment forcé l’OMS et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme à fournir des médicaments efficaces aux pays pauvres.

« Il a appris que l’inconfort public est souvent un facteur de motivation pour faire avancer les choses », a indiqué Chris Hentschel, de Medicines for Malaria Venture, un organisme suisse spécialisé dans la recherche et l’élaboration de médicaments antipaludiques.

Il était cité par la revue scientifique Nature Medicine qui a consacré un élogieux portrait au Dr Attaran en 2006.