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Qualité de l’air dans les écoles de Québec: des résultats des tests accueillis avec scepticisme

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Les résultats des tests de qualité de l’air dans les écoles de Québec, qui démontrent que la majorité des classes sont conformes aux normes, sont accueillis avec scepticisme par le syndicat d’enseignants, alors que les efforts des centres de services à ce chapitre varient d’un endroit à l’autre. 

Les résultats des tests de qualité de l’air réalisés dans des écoles de la région ont été rendus publics mardi. Les données présentées diffèrent toutefois d’un centre de services à l’autre, ce qui les rend plus difficilement comparables. 

La cible à atteindre varie aussi, selon l’interprétation qu’en fait l’organisation. Le ministère de l’Éducation juge acceptables des concentrations de dioxyde de carbone inférieures à 1500 parties par million (ppm), ce qui ne fait pas l’unanimité sur le plan scientifique. L’objectif est toutefois d’en arriver à des concentrations inférieures à 1000 ppm, selon Québec. 

Au centre de services des Découvreurs, des correctifs ont été effectués dans deux classes où le taux de C02 dépassait 1500 ppm après une période de 20 minutes d’ouverture des fenêtres, ce qui représente 1,1% des classes testées. 

Ces deux classes sont situées dans le pavillon Laure-Gaudreault de l’école des Pionniers et à l’école du Campanile. 

Le centre de services de la Capitale semble avoir été plus proactif. «Nous prenons les actions correctives nécessaires pour atteindre la valeur cible de 1 000 ppm», a indiqué sa porte-parole, Vanessa Déziel. 

Le centre de services a présenté un bilan de la situation une fois les correctifs apportés, si bien que 88% des classes testées présentent des concentrations de C02 inférieures à 1000 ppm, après une période d’ouverture des fenêtres de 20 minutes. 

Au centre de services des Premières-Seigneuries, les résultats ont été présentés en deux temps. Le premier bilan, qui date du 26 février, fait état de 10% des classes qui ont des taux de C02 supérieurs à 1500 ppm et de 1% d’entre elles qui sont au-dessus de 2000 ppm.  

Le deuxième relevé, en date du 22 mars, tient compte des correctifs apportés si bien qu’aucune classe ne dépasse désormais le seuil de 1500 ppm. De plus, la proportion de classes dont la concentration de C02 se situe sous la barre des 1000 ppm est passée de 29% à 63%. 

Il est à noter que ces chiffres tiennent compte de toutes les mesures qui ont été prises lors de l’opération, et non uniquement des relevés effectués après l’ouverture des fenêtres, comme dans les deux autres centres de services.   

La méthodologie déterminée par le ministère de l’Éducation, qui est loin de faire l’unanimité, prévoyait trois prises de mesure du taux de dioxyde de carbone : avant l’arrivée des élèves, au milieu du cours et après une période de 20 minutes d’ouverture des fenêtres.  

Les enseignants ne sont pas rassurés 

De son côté, le Syndicat de l’enseignement de la région de Québec se réjouit que les données détaillées soient rendues publiques, mais n’est pas rassuré pour autant. 

«On est très sceptique sur les résultats», affirme son président, Daniel Gauthier.  

Ce dernier déplore qu’aucune mesure n’ait été prise «au pire moment», c’est-à-dire à la fin d’un cours, plutôt qu’après l’ouverture des fenêtres en présence des élèves. 

«Cet hiver, c’était n’importe quoi de se faire dire d’ouvrir les fenêtres pendant 20 minutes pendant un cours», dit-il. 

Nancy Delagrave, coordonnatrice scientifique du collectif COVID-STOP n’est pas non plus rassurée par cet «exercice de relations publiques». 

Cette physicienne affirme que la méthodologie du ministère de l’Éducation ne permet pas d’obtenir un portrait juste de la situation et que le seuil de 1500 ppm, jugé acceptable par Québec, est beaucoup trop élevé. 

La ventilation dans les classes revêt une importance encore plus grande avec l’apparition des variants, qui sont plus contagieux et transmissibles dans l’air, souligne-t-elle. 

Résultats détaillés disponibles 

Les résultats détaillés pour chaque école sont disponibles sur le site Internet des centres de services de la Capitale, des Premières-Seigneuries et des Découvreurs. 

Les tests n’ont toutefois pas été réalisés dans chaque classe. En moyenne, un échantillon de quatre classes par établissement a fait l’objet d’une analyse, à la demande du gouvernement Legault.