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Une clinique hongkongaise sanctionnée pour avoir déconseillé un vaccin chinois

Une clinique hongkongaise sanctionnée pour avoir déconseillé un vaccin chinois
Photo AFP

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Hong Kong | Une clinique hongkongaise a été exclue du programme de vaccination du territoire pour avoir vraisemblablement recommandé aux patients d'opter pour le vaccin Pfizer/BioNTech fabriqué en Allemagne plutôt que pour celui du Chinois Sinovac. 

Cette sanction illustre à quel point la question du vaccin chinois est sensible pour les autorités hongkongaises, alors même que son efficacité est comparativement moins élevée et qu'il a été approuvé en urgence en dépit d'un manque de données publiées.

Le ministère de la Santé du territoire semi-autonome a annoncé que la clinique en question ne serait plus autorisée à administrer les vaccins contre le coronavirus, et ce, parce qu'un de ses médecins a enfreint un accord passé avec le programme d'inoculation.

Cette annonce est intervenue mardi après qu'une photo de la clinique comparant les deux vaccins autorisés à Hong Kong a été diffusée et est devenue virale au cours du week-end sur les réseaux sociaux.

«Conseil: ne choisissez pas Sinovac, choisissez BioNTech», pouvait-on lire sur une feuille affichée, qui précisait qu'un des médecins de la clinique avait opté pour le second vaccin.

Le «Ta Kung Pao», un journal proche du Bureau de liaison, l'organe du pouvoir central à Hong Kong, a accusé le praticien de «calomnie» envers le vaccin de Sinovac.

À ce stade, 403 000 personnes, soit 5 % de la population du territoire, ont reçu leur première dose. Plus de 250 000 personnes ont opté pour le vaccin de Sinovac, les autres recevant celui de Pfizer-BioNTech.

Parallèlement mercredi, les autorités ont suspendu l'administration du vaccin Pfizer en raison d'un problème d'emballage, tout en assurant qu'il n'y avait aucun risque associé au produit lui-même.

Un des reproches faits au CoronaVac, le vaccin de Sinovac, est que les données sur lesquelles se basent les résultats de ses tests n'ont pas été publiées, alors même que Pékin le fournit dans le monde entier comme une alternative aux vaccins occidentaux.

À Hong Kong, le CoronaVac, basé sur un virus inactivé, a été approuvé après que ses concepteurs ont soumis leurs données au régulateur, sans qu'elles soient publiées.

Selon le laboratoire Sinovac, les tests à grande échelle au Brésil ont montré un taux d'efficacité globale d'environ 50 % (et 80 % contre les formes plus graves).

Vendu sous le nom commercial de Comirnaty, le vaccin Pfizer/BioNTech est autorisé dans nombre de pays, notamment dans l'Union européenne, aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Il est basé sur la technologie de l'ARN messager et ses essais cliniques ont mis en évidence un très fort taux d'efficacité (95 %). 

Hong Kong a lancé sa campagne de vaccination le mois dernier et à l'heure actuelle, les plus de 30 ans peuvent se faire vacciner. Mais la réponse de la population a été mitigée, en raison notamment de la méfiance persistante à l'égard de la Chine.

Un récent sondage montrait que 37 % de la population prévoyait de se faire vacciner.