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Budget Girard: nos routes coûtent encore cher

Les investissements dans le réseau routier sont deux fois plus importants qu’en transport en commun

Route 169 maganée Lac-Saint-Jean
Photo d'archives, Jean-Luc Lavallée Le mauvais état de notre réseau routier continue de peser lourd dans les dépenses de l’État. Sur cette photo prise en mai 2019, la route 169, entre Hébertville et la jonction de la 175, dans la réserve faunique des Laurentides, n’était pas en très bon état.

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Malgré l’accélération de nombreux projets d’infrastructures, le gouvernement Legault continue, pour l'instant, de dépenser deux fois plus d'argent dans notre réseau routier qu’en transport collectif.  

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Le budget de dépenses 2021-2031 dévoilé hier indique même « une diminution de l’enveloppe sectorielle du secteur Transport collectif qui passe de 13,6 milliards de dollars au Plan québécois des infrastructures (PQI) 2020-2030 à 12,8 milliards de dollars au PQI 2021-2031 ».

En revanche, les investissements routiers, qui étaient de 26,8 milliards $ dans le précédent budget, atteignent maintenant 28,3 milliards $.

Le gouvernement Legault fait cependant valoir que les dépenses prévues pour le réseau routier incluent une somme d’environ 470 millions $ destinée à des projets d’aménagement de voies réservées, comme celui sur l’autoroute 20 entre Belœil et Sainte-Julie ou celui sur la 25 entre Laval et Terrebonne.

Cet écart entre les dépenses projetées pour le réseau routier et ce qui est réservé pour le transport en commun s’explique aussi par l’état pitoyable dans lequel repose une partie de notre réseau routier, qui oblige un important rattrapage.

Un équilibre à long terme

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, demeure toutefois convaincue qu’à terme, son gouvernement parviendra à équilibrer, comme promis, les dépenses en transport collectif avec celles que requiert notre réseau routier.

En incluant les projets présentement à l’étude, comme le tramway et le troisième lien à Québec, en plus des contributions de partenaires comme la Caisse de dépôt et placement du Québec avec le REM à Montréal, le gouvernement Legault s’attend à ce que les investissements routiers (48,9 milliards $) soient éventuellement moindres que ceux consacrés au transport collectif (49 milliards $) d’ici dix ans.

L’an dernier, son prédécesseur au Trésor, Christian Dubé, avait estimé qu’il faudrait attendre au prochain mandat avant d’atteindre cet équilibre. 

Plus « optimiste »

Sonia LeBel, Présidente du Conseil du trésor
Photo d'archives
Sonia LeBel, Présidente du Conseil du trésor

Mme LeBel se fait plus « optimiste », puisque d’ici 2025-2026, des projets totalisant 13,4 milliards $ à travers l’ensemble des missions de l’État seront accélérés afin de stimuler la relance.

« Nous mettons tout en place pour doter le Québec [...] d’un réseau de transport collectif à la hauteur de nos ambitions », a martelé Mme LeBel.

Le Plan québécois des infrastructures 2021-2031 comprend une bonification de 4,5 milliards $ par rapport à l’an dernier, ce qui porte le total des investissements prévus sur dix ans à 135 milliards $.

Québec estime que 60 % de ces investissements prendront forme au cours des cinq prochaines années, soit environ 77 milliards $.

Les réactions  

Route 169 maganée Lac-Saint-Jean
Photo d'archives

« C’est une promesse brisée de la part de la Coalition avenir Québec, qui dans son propre plan électoral, avait promis 50% d'investissements routiers, 50% d’investissements en transport en commun. [...] C’est le budget le moins vert qu’on a vu depuis longtemps au Québec. » 

– André Fortin, porte-parole du Parti libéral du Québec en matière de finances publiques

Route 169 maganée Lac-Saint-Jean
Photo d'archives

« Quand on regarde le PQI, il n’y a pas de changement de cap: l’argent qui est mis pour les autoroutes, c’est toujours plus que le double de ce qui est mis pour le transport collectif. Quelle déception! Quel manque d’ambition. » 

– Manon Massé, cheffe parlementaire de Québec solidaire

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