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Budget Girard: la pandémie coûtera 30 milliards

Les choix difficiles pour retrouver l’équilibre budgétaire sont repoussés après les élections

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Le gouvernement Legault se concentre sur l’économie et la santé et repousse le retour à l’équilibre budgétaire à plus tard. Les choix difficiles seront faits après les élections générales de 2022.

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« La priorité, c’est vaincre la pandémie », a expliqué le ministre des Finances Eric Girard en conférence de presse, jeudi.

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a déposé le troisième budget caquiste, jeudi, à l’Assemblée nationale, et a confirmé qu’il reportait à dans sept ans le retour à l’équilibre budgétaire. Il ne prévoit pas de compressions avant le retour au plein emploi, à la fin de l’année 2022.
Photo Pool La Presse canadienne, Jacques Boissinot
Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a déposé le troisième budget caquiste, jeudi, à l’Assemblée nationale, et a confirmé qu’il reportait à dans sept ans le retour à l’équilibre budgétaire. Il ne prévoit pas de compressions avant le retour au plein emploi, à la fin de l’année 2022.

L’échéance électorale « n’était pas une considération » pour M. Girard, même si le PLQ y voit une « drôle de coïncidence » et QS observe une « manœuvre politique ».

Si le retour à un budget à l’encre noir ne se fait plus en cinq, mais en sept ans, c’est parce que le ministre a réalisé en décembre, alors que la deuxième vague frappait fort, que le retour à la normale ne se ferait pas avant 2022. Cette vague fait d’ailleurs passer le déficit prévu cette année de 8 à 12 milliards. Pour la première fois, le ministre a chiffré le coût total de la pandémie : 30 milliards $ sur cinq ans. Le « chemin » du ministre Girard est toutefois tracé : vaincre la pandémie en 2021, arriver au plein emploi en 2022, retrouver le plein potentiel économique du Québec en 2025, et retour à l’équilibre en 2027-28.

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec le ministre des Finances Éric Girard sur QUB radio:

Compressions à partir de 2023

Pour effacer le déficit structurel de 6,5 milliards qui traîne toujours, il planifie des compressions budgétaires de 1,3 milliard par année à partir de 2023-24.

Et ce, malgré une application plus sévère des taxes sur les biens importés (+ 1,8 milliard de revenus) puis la disparition de 5000 postes de fonctionnaires et l’abolition de programmes jugés obsolètes (2 milliards d’économies), qui font déjà partie des calculs. Le gouvernement Legault mise encore sur plus d’argent du fédéral en santé, mais ne le budgète pas, par prudence.       

« Je serais surpris, avec les signaux que j’ai eus, d’avoir six milliards dans le [prochain budget fédéral] », a dit Eric Girard.

Mais avant tout, la pandémie. Cette année, la priorité est la santé, et Québec estime que 9 milliards auront été engagés dans le réseau pour faire face à la crise sanitaire.

Puis le gouvernement Legault poursuit les mesures d’aide d’urgence aux entreprises, et injecte 1,3 milliard pour « brancher tous les Québécois à internet haute vitesse ».

Quant à l’aide directe aux citoyens, le budget ne réserve qu’un cadeau, un montant de 100 $ par session donné aux étudiants du cégep et des universités.

  • Écoutez l'analyse économique du budget avec Pierre-Olivier Zappa et Michel Girard sur QUB radio:

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

De l’argent dans le béton

Pour relancer l’économie, il ajoute 4,5 milliards dans le béton et l’asphalte en érigeant plus d’écoles, de maisons des aînées, en pavant plus de routes et en électrifiant les transports collectifs.

Les partis d’oppositions déplorent justement cette « vieille recette » d’un gouvernement « conservateur » qui risque surtout d’accentuer l’inflation des prix dans le domaine de la construction.

Le libéral André Fortin pousse la note jusqu’à dire que le budget Girard aurait pu être écrit par l’Union nationale.

Ils estiment que le grand oublié du budget est l’environnement. La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, a d’ailleurs oublié le nom du Plan pour une économie verte de son collègue Benoît Charette.

Aucun nouvel investissement n’est prévu pour réduire les gaz à effet de serre et accélérer la transition énergétique.

De vieilles annonces

Les partis d’opposition déplorent également le saupoudrage des dépenses. Québec solidaire critique le manque d’investissements dans les CPE, le soutien aux femmes – une insulte – et le logement social. On a recyclé de vieilles annonces « qui datent de Mathusalem », a dénoncé Manon Massé.

Le Parti québécois croit aussi que l’annonce de 500 nouveaux logements sociaux est nettement insuffisante, alors qu’il en faudrait 5000 par année. 

Évolution du déficit (en milliards de dollars)    

Ce qu’ils ont dit :        

«Le message implicite, c’est que si le gouvernement est réélu, que la Coalition Avenir Québec est réélue, il va y avoir des coupures.»

André Fortin – Parti libéral du Québec

Le député libéral André Fortin
Photo d'archives
Le député libéral André Fortin

«Non seulement il n’y a rien dans ce budget pour donner des renforts puis restaurer les services publics, mais on est en train de dire aux fonctionnaires : vous êtes trop nombreux et il y en a un paquet d’entre vous qui vous qui ne foutez rien.»

Vincent Marissal – Québec solidaire

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal
Photo d'archives
Le député de Québec solidaire Vincent Marissal

«Pour ceux qui espéraient un budget pour une économie plus verte, du 21e siècle, vous allez être déçu. C’est un budget du Québec d’hier.»

Paul St-Pierre-Plamondon – Parti Québécois

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon
Photo d'archives, Stevens Leblanc
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon