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Le film qu’il ne faut pas manquer

<b>Marie-Julie Dallaire</b><br /><i>Réalisatrice</i>
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Marie-Julie Dallaire
Réalisatrice

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Le vendredi 2 avril, Les Films Séville mettront à l’affiche Comme une vague, un long métrage qu’il faut voir et entendre à tout prix.

C’est bien plus qu’un film que propose la réalisatrice Marie-Julie Dallaire. C’est une aventure spirituelle, un voyage au plus profond de soi, une découverte de la puissance insoupçonnée de la musique, une incursion jusqu’aux origines de l’humanité. C’est avec une dévotion presque religieuse que la réalisatrice et les protagonistes de ce film d’exception nous font découvrir les multiples sons qui rythment notre vie, à commencer par les battements de cœur de la mère pour le fœtus.

Après avoir visionné leur ode à la musique et à un monde sonore insoupçonné, plus jamais vous ne percevrez votre environnement de la même manière. Qu’il s’agisse, comme dans le film, de la plage Rialto dans l’État de Washington ou qu’il s’agisse de la plage où vous passerez vos vacances, vous entendrez la mer jouant sur les rochers et les galets, des mélodies auxquelles vous étiez resté sourd jusqu’ici.

UNE SYNTHÈSE EXTRAORDINAIRE

Où cette diable de Marie-Julie a-t-elle puisé toutes ces idées ? Comment en est-elle arrivée à imaginer pareille synthèse entre le son des vagues, le mantra monosyllabique des Pygmées, les divagations vocales de Patrick Watson, le bruit de la hache sur un tronc d’arbre, les répétitions du Dream Orchestra de Suède, les sons à peine audibles que vont cueillir comme des papillons deux acousticiens écologistes, les musiques déjantées d’Osunlade, les ballades romantiques d’Ezra Azmon, le violoniste de rue que tous les Montréalais ont croisé au moins une fois, et les notes si apaisantes que Stéphane Tétreault tire de son vieux Stradivarius ? C’est bien là tout le génie de cette cinéaste.

Rares sont les films auxquels le noir et blanc sied aussi bien. La direction est sobre, mais la photo exploite souvent des angles inattendus bien servis par un montage habile. Jean-Marc Vallée, qui parraine le film, doit y être pour quelque chose, lui qui cisèle le montage de tous ses films avec la patience et la précision d’un orfèvre. 

C’est d’ailleurs le premier montage que Marie-Julie lui a envoyé qui a incité Vallée à faire partie de l’aventure à titre de producteur. « Je n’ai jamais vu un tel film, avait-il dit, alors, à la réalisatrice. Il faut qu’on le montre à toute la planète ! » 

Chanceux, j’ai déjà vu le film deux fois. Je le reverrai sûrement. Au moins aussi souvent que j’entends l’Adagio pour cordes de Samuel Barber, l’œuvre que Marie-Julie Dallaire a choisi pour clore son audacieux pèlerinage aux origines de la musique et des sons de la terre. Je serais bien tenté de conclure en qualifiant son film de chef d’œuvre, mais je vais laisser le temps juger, ce qu’il fait très bien d’habitude.  

EN DIRECT DE L’UNIVERS

Claude Marineau est un lecteur tout aussi agacé que moi qu’on présente autant de musiques anglophones à l’émission En direct de l’univers. Il en a donc fait le compte pour les émissions du 30 janvier et des 6, 13 et 27 février. Lors de ces quatre émissions, selon ses minutieux calculs, En direct de l’univers a offert 69 pièces en langue anglaise et seulement 60 en français.

Monsieur Marineau se demande avec raison quelle serait la réaction de l’auditoire du Canada anglais si la CBC s’avisait de présenter, même un seul soir, un nombre pareil de chansons françaises sur ses ondes.