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Personnes âgées accros à la drogue: une «épidémie silencieuse»

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L’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), rattaché aux Nations Unies, appelle dans un rapport publié jeudi à « s’attaquer aux problèmes » liés à l’usage accru de drogues chez les personnes âgées, un phénomène qualifié d’« épidémie silencieuse ».

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Alors que le vieillissement de la population mondiale s’accélère, notamment dans les pays à faible revenu, « il est indispensable » de se pencher « dès aujourd’hui » sur ce groupe d’âge, souligne cette institution basée à Vienne dans son document annuel.

Parmi les pistes esquissées, l’OICS préconise d’améliorer la « recherche et la collecte de données » sur le sujet, pointant « de nombreuses lacunes ».

« Les scientifiques ont eu tendance à ignorer l’usage de substances chez les plus de 65 ans », note le rapport, un manque d’informations qui a conduit des gouvernements généralement peu attentifs à ce fléau à ne pas mettre en place de programmes adaptés.

La définition même du terme « âgé » dans ce contexte ne fait pas consensus, des experts soulignant que le vieillissement peut être avancé d’au moins 15 ans chez les personnes souffrant de troubles liés à la consommation de substances.

Quel que soit le critère retenu, les données actuellement disponibles montrent une « tendance alarmante ». 

Aux États-Unis, l’usage de la plupart des drogues dans la tranche d’âge supérieure à 65 ans a ainsi triplé au cours des dix dernières années.

En Inde et au Nigéria, les 45-64 ans consomment en excès des médicaments opioïdes et sirops contre la toux, tandis qu’au Japon les médicaments contre les troubles du sommeil et l’anxiété sont « prescrits de manière disproportionnée aux personnes âgées ».

Dans le cas des usagers vieillissants, l’OICS met en avant un « problème croissant » de « polymédication », correspondant à la prise d’au moins cinq médicaments (délivrés sur ordonnance ou en vente libre) ou de drogues illicites par jour.

Cette pratique peut entraîner des problèmes respiratoires, troubles dégénératifs, maladies du foie, du diabète et problème chronique de santé mentale, détaille le document, qui cite aussi le risque de mort par surdose.

Autres conséquences: de possibles chutes, accidents de la route et une difficulté à effectuer les tâches de la vie quotidienne, ainsi que l’isolement et la dépression sur fond de « stigmatisation » et de « honte ».

Dans son rapport, l’OICS évoque par ailleurs les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la santé mentale, alors même que les diverses restrictions « ont déstabilisé la chaîne d’approvisionnement mondiale en médicaments ».

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