/misc
Navigation

Biden 2024?

Le président américain, Joe Biden
Photo AFP Le président américain, Joe Biden

Coup d'oeil sur cet article

Première véritable conférence de Joe Biden hier. Parmi les nombreuses informations relayées, son désir de solliciter un second mandat en 2024.

J’y reviens parce qu’une fois de plus, de très nombreux observateurs se sont penchés sur la question de l’âge du président, se demandant si, à 82 ans (son âge en 2024), il aurait encore la forme nécessaire pour s’acquitter d’un travail aussi exigeant que la présidence des États-Unis.

Commençons par préciser que le 46e président n’avait d’autre choix que de confirmer son intérêt. Comment proposer des projets aussi ambitieux que les siens tout en laissant entendre qu’on ne restera pas pour achever le travail ou qu’on n’a pas l’énergie nécessaire pour relever le défi?

Si on remonte juste un peu dans le temps, le candidat Biden a cependant déjà affirmé qu’il ne pourrait être qu’un président de transition. Le choix de Kamala Harris à la vice-présidence constituait à lui seul un signal qu’on souhaite une relève et qu’elle dispose de quatre ans pour se démarquer et développer un réseau.

Je demeure convaincu que l’ancien vice-président constitue un choix de compromis, un pont entre les factions, un politicien considéré comme pragmatique par ses concitoyens prêts à lui donner une chance le temps de retourner Donald Trump à ses terrains de golf. 

Une candidature de «L’oncle Joe» en 2024 ne serait possible que si on échoue à bien préparer sa succession et si son premier mandat est couronné d’un franc succès. Dans un cas comme dans l’autre, deux mois ne suffisent pas à dégager des indicateurs fiables.

Comme bien d’autres observateurs hier, j’ai relevé quelques failles dans la performance du président. Encore une fois un peu confus et imprécis, il a fourni aux vérificateurs de faits suffisamment de matériel pour qu’on puisse relever un certain nombre de faussetés, particulièrement sur le dossier de l’immigration. 

Depuis le début de la campagne présidentielle, il semble évident que son équipe évite de le surexposer. On le savait déjà enclin à échapper quelques bourdes quand il s’emporte et qu’il s’éloigne du script, mais, en le soustrayant à un plus grand nombre d’interventions médiatiques, on apporte de l’eau au moulin de ceux qui croient que Biden est diminué, tant sur le plan physique que sur le plan de l’acuité intellectuelle.

Je me suis abstenu de porter un jugement sur la santé mentale de Donald Trump et je m’en abstiendrai également pour Biden, tout simplement parce que je n’ai pas les compétences médicales pour le faire. Cela ne m’empêche pas, cependant, d’observer de nombreux changements dans le comportement du politicien du Delaware.

Biden vit-il tout simplement les effets normaux du vieillissement ou décline-t-il à un rythme qui le rendrait inapte à assumer ses fonctions? Si on ne peut offrir de réponse nette, il faut reconnaître que la question inquiète, et pas seulement chez ses adversaires politiques. Ses conseillers s’affaireront à faire taire les critiques et à rassurer, mais ils ne pourront éviter l’exploitation d’un nombre considérable de ragots qui circulent déjà.

Oui, Joe Biden a ralenti, c’est incontestable. Je crois par contre qu’une majorité de ses concitoyens sont rassurés par la qualité et l’expérience de son entourage. Il semble évident que Biden est suffisamment sage pour consulter et écouter, une sagesse et une ouverture qui le démarquent de son prédécesseur.

Si j’avais à miser, je parierais que Joe Biden sera le président d’un seul mandat. Je ne parierais pas une somme trop élevée, cependant. Même si je mentionnais qu’il y a une relève, dont Kamala Harris, personne ne semble en mesure de maintenir une certaine unité au sein du parti, alors que le président y parvient pour le moment.

Et puis, qui sait ce que pourront rapporter les projets de relance et d’infrastructure de Biden, surtout si la pandémie est contrôlée pendant les prochains mois? Un cumul de bonnes nouvelles et une relance économique franche pourraient bien le maintenir avantageusement dans les sondages.