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Des plaintes d’athlètes amènent des changements au sport-études

Cadre trop rigide et propos inappropriés reprochés à deux entraîneurs de soccer

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Photo courtoisie Photographiés au Gala de fin de saison de Soccer Québec en 2018, le président de l’Association régionale de soccer de Québec Paul Gariépy et le directeur général Philippe Bernard prennent très au sérieux les plaintes formulées par des athlètes du programme sport-études de l’école secondaire Cardinal-Roy.

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Des plaintes de parents et d’élèves principalement du 5e secondaire du programme sport-études de soccer de l’école secondaire Cardinal-Roy mèneront à des changements dans les méthodes d’entraînement jugées trop rigides de certains coachs et les propos inappropriés.

Les élèves reprochent la trop grande rigidité les entraîneurs et leurs propos négatifs. Les événements et propos reprochés se sont déroulés depuis le retour en septembre dernier.

Le responsable de l’ensemble du programme sport-études à Cardinal Roy, Danny Bell, a rencontré tous les élèves (dix gars et dix filles) de 5e secondaire du programme de soccer la semaine dernière, et l’Association régionale de soccer de Québec (ARSQ) a envoyé une lettre aux parents, mercredi soir, pour les prévenir que leurs préoccupations avaient été entendues et que des changements avaient déjà été apportés et que d’autres suivraient rapidement.

« Dans le contexte de la pandémie où il n’y a pas de parties et de sélection pour les équipes du Québec, les objectifs des entraîneurs doivent être différents, a expliqué le directeur général de l’ARSQ, Philippe Bernard. Tu dois ajuster ton niveau de souplesse dans ce contexte différent. Il y a eu un problème d’adaptation à la situation. Le ton de voix et le choix de mots n’ont pas toujours été appropriés. Tu ne peux pas coacher comme il y a deux ans. Cette normalité établie que les entraîneurs connaissaient ne signifie pas qu’elle était la bonne. »

Ateliers

Bernard est content que les récriminations soient sorties. 

« Ça peut être épeurant de parler, a-t-il reconnu, et on remercie les athlètes et les parents de s’être ouverts. On prend cette situation au sérieux et nous avons contacté Sport’Aide pour connaître les services offerts et le plan de match envisagé. Les intervenants offriront d’ici une à deux semaines des ateliers aux entraîneurs et rencontreront aussi les jeunes afin qu’ils aient l’opportunité de s’exprimer. Dès maintenant, les entraîneurs doivent faire preuve de moins de rigidité et cette nouvelle façon de faire sera maintenue dans le futur. »

« À moyen terme, on souhaite embaucher dès la prochaine année une entraîneuse féminine pour le 4e et le 5e secondaire, poursuit Bernard. Il n’y en a pas depuis deux ans malgré nos démarches et il s’agit d’un manque pour les jeunes filles qui ont besoin d’un ton différent et d’une personne à qui se confier à l’occasion. »

Une situation différente

Tant du côté de la direction du sport-études que de l’ARSQ, on assure que les actes reprochés n’ont rien à voir avec la situation vécue au sein de l’équipe nationale de natation artistique qui fait les manchettes depuis l’automne. 

« Nous sommes loin de là, a affirmé Bernard. C’est complètement différent, mais on a réagi rapidement parce qu’on ne veut pas que la situation dégénère et qu’on devienne la natation artistique. »

« Les abus au sein de l’équipe nationale de natation synchronisée sont assez spectaculaires et nous ne sommes pas là du tout, renchérit Bell. Nous sommes très, très, très loin. Il n’y a pas eu d’abus psychologiques ou physiques, mais il y a des athlètes malheureux. » 

Pas de sanctions pour les entraîneurs visés  

L’Association régionale de soccer de Québec (ARS) affirme que la réponse des entraîneurs pointés du doigt est excellente et n’envisage pas en conséquence de sanctions à la lumière des informations dont elle dispose actuellement.

« Il n’y a pas de gestes graves qui justifient une suspension ou un congédiement, a déclaré le directeur général Philippe Bernard. On n’envisage pas de sanctions en raison de leur grande écoute. Si d’autres informations sont portées à notre attention lors des rencontres entre les jeunes et Sport’Aide, on réévaluera la situation. On va suivre de près la situation et on ne prend rien à la légère. »

Prise de conscience

Bernard a rencontré les entraîneurs à trois reprises depuis jeudi dernier. « Il y a eu une grosse, grosse prise de conscience qui va permettre d’améliorer la situation et d’apporter des changements très rapides, a-t-il souligné. Je sens une très grande ouverture de la part des entraîneurs. Au jour le jour, ils disaient ne pas réaliser la situation, mais la réalité les a rattrapés et ils prennent très au sérieux les plaintes des jeunes. Tous les entraîneurs incluant les deux visés par les plaintes ont la volonté de bien s’occuper de tous les jeunes. »

Sans excuser les écarts, Bernard met en relief la réalité culturelle différente des entraîneurs d’origine française qui sont nombreux au sein du programme. « Quand tu as grandi dans un milieu où le soccer est le sport national, où les exigences sont très élevées et que tu as connu du succès de cette façon, tu penses que c’est la meilleure façon de faire, a-t-il mentionné. Cette réalité fait aussi partie de la prise de conscience. Ça peut expliquer certaines choses, mais ça ne les excuse pas. Le soccer est perçu différemment en Amérique du Nord. Les entraîneurs doivent s’adapter à ce changement de culture et de mentalité. » 

Distinction importante

De son côté, le responsable du programme sport-études à l’école secondaire Cardinal-Roy, Danny Bell, estime que la frontière est mince entre les exigences nécessaires au développement d’un athlète d’élite et les demandes trop grandes. « La ligne est mince entre rigidité et souplesse, a illustré l’ancien joueur international de balle au mur. Il y a eu des écarts de conduite dans le passé et il y en aura toujours, mais la situation a été prise au sérieux et des changements ont été rapidement apportés. »

« Nos programmes vont demeurer exigeants, ajoute Bell, mais il faut s’assurer de toujours afficher de la bienveillance afin que l’athlète s’épanouisse dans un environnement où il est heureux. »

Bell a assisté à l’entraînement des 4e et 5e secondaire, mercredi, et il assure que le climat était bon.