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Montée des variants: «On voit le début d’une 3e vague», prévient Legault

Les variants de la COVID-19, plus contagieux, deviendront majoritaires au début du mois d’avril

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Une troisième vague de COVID-19 s’apprête à frapper le Québec, estime François Legault, tandis que des experts s’inquiètent des mesures sanitaires actuelles, jugées insuffisantes pour freiner la propagation de variants plus contagieux. 

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« On voit le début d’une troisième vague », a confirmé le premier ministre, vendredi, tout juste après avoir reçu sa première dose de vaccin contre la COVID-19 – celui du fabricant Pfizer-BioNTech – au Stade olympique de Montréal. 

Si la hausse des cas de COVID-19 observée ces derniers jours était attendue en raison des récents assouplissements, François Legault est plus préoccupé par une augmentation prévue des hospitalisations, demeurées stables jusqu’ici. 

Le gouvernement suivra la situation de près au cours de la fin de semaine et fera le point mardi prochain. Un resserrement des mesures sanitaires n’est pas exclu, en fonction de l’évolution de l’épidémie.      

  • Écoutez l’entrevue de Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal:   

« Si les Québécois ne suivent pas les consignes, il y a un risque d’une grosse vague. Si on suit les consignes, on va rester sous contrôle », prévient François Legault.

Variants dangereux

Toutefois, la situation demeure inchangée pour le moment. « Il y a aura une augmentation des cas et des hospitalisations dans les prochains jours, mais pour l’instant la situation reste sous contrôle et on ne change pas les mesures qui ont été annoncées », dit le premier ministre. 

Les élèves de secondaire 3, 4 et 5 en zone rouge reprendront donc le chemin de l’école à temps plein, comme prévu, lundi. Les théâtres et salles de spectacle pourront également rouvrir leurs portes. 

Plus tôt dans la journée, les experts de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et de l’Agence de la santé publique fédérale ont tiré la sonnette d’alarme au sujet de la propagation des variants de la COVID-19, plus contagieux que la souche originale. 

Le premier ministre du Québec, François Legault, recevant sa première dose de vaccin contre la COVID-19, vendredi, au Stade olympique de Montréal.
Photo pool La presse canadienne
Le premier ministre du Québec, François Legault, recevant sa première dose de vaccin contre la COVID-19, vendredi, au Stade olympique de Montréal.

Dès le début du mois d’avril, ces mutations (principalement la version britannique) représenteront plus de 50 % des cas détectés au Québec, a révélé l’INSPQ.

La grande agglomération montréalaise est particulièrement à risque de voir cette forme plus virulente prendre le dessus. 

D’autres régions préoccupent également la Santé publique. « Effectivement, c’est inquiétant, la situation en Outaouais, dans le Bas-Saint-Laurent, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, même à Québec, Chaudière-Appalaches. Il y a des régions qu’on surveille de plus proche », affirme François Legault. 

Le constat est similaire à l’échelle du pays, démontrent les données fédérales. « C’est pourquoi les mesures doivent être plus fortes, plus strictes, et maintenues suffisamment longtemps pour supprimer la croissance épidémique des variants préoccupants », estime le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint à l’Agence de la santé publique du Canada. 

À l’INSPQ, l’épidémiologiste Mathieu Maheu-Giroux note également que l’appro-che actuelle est insuffisante. 

La courbe grise projetée par l’Agence de santé publique du Canada indique une recrudescence fulgurante des cas de COVID-19 advenant le maintien ou l’augmentation du nombre de contacts entre individus au cours du mois d’avril. La courbe violette, en revanche, suggère l’atteinte d’un plateau s’il y a réduction des contacts.
(Source : Les modèles de l’ASPC et de l’Université McMaster, et de l’Université Simon Fraser.)
La courbe grise projetée par l’Agence de santé publique du Canada indique une recrudescence fulgurante des cas de COVID-19 advenant le maintien ou l’augmentation du nombre de contacts entre individus au cours du mois d’avril. La courbe violette, en revanche, suggère l’atteinte d’un plateau s’il y a réduction des contacts.

Assouplissements nécessaires

D’ailleurs, les variants n’étaient toujours pas maîtrisés au moment des récents assouplissements, affirme le Dr Gaston De Serres, épidémiologiste à l’INSPQ, soulevant des doutes sur la pertinence d’avoir fait passer certaines zones rouges au palier orange. 

Mais le premier ministre fait valoir qu’il doit trouver un équilibre entre la science et l’adhésion de la population aux mesures sanitaires.

« On a fait certains assouplissements parce qu’on savait que les gens étaient tannés », souligne-t-il. 

Jeunes plus à risque 

Contrairement à l’an dernier, les jeunes risquent d’être frappés le plus durement par le virus ce printemps.

Ceux-ci ont « plus de contacts », note le Dr Gaston De Serres, mais surtout ils ne sont pas encore vaccinés, contrairement aux personnes plus âgées. 

À Ottawa, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada fait écho à ces préoccupations. « Si on laisse les cas monter dans cette tranche d’âge, simplement par le nombre de jeunes touchés, on va se retrouver avec des jeunes dans les hôpitaux », prédit la Dre Theresa Tam.

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