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La pandémie ravive la folie des cartes sportives

Pandémie et cartes sportives font bon ménage

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Yannick Godbout de la boutique Imaginaire s’y connaît en matière de cartes de sport.

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Le phénomène des cartes sportives remonte aussi loin qu’aux débuts du sport majeur à la fin du 19e siècle, lorsque celles-ci se retrouvaient dans les paquets de cigarettes des grandes compagnies de tabac. Qui ne se souvient pas d’avoir déballé un paquet de cartes de hockey dans sa jeunesse ?

Tombé un peu dans l’oubli dans les années 2000 après un engouement monstre au début des années 1990 où de nombreux fabricants s’étaient lancés en masse dans la production de cartes, le marché a recommencé à s’emballer depuis le début de la pandémie.

À un point tel que cet engouement, inattendu selon des spécialistes dans le domaine, s’est transformé en véritable terrain de jeu pour des investisseurs cherchant à faire fructifier leur argent rapidement, quel que soit le sport.

Au Québec, les cartes de hockey ont toujours été parmi les plus vendues en raison de la ferveur des amateurs pour leur sport national. Les effets du premier confinement combinés à la sélection d’Alexis Lafrenière par les Rangers de New York et à la sortie de sa carte recrue en novembre dernier ont généré un intérêt inattendu qui perdure.

« Il y a beaucoup de nouveaux collectionneurs et de gens qui ne se doutaient pas que les cartes, ça fonctionnait encore, que le marché était là. À partir du moment où la « carte recrue » de Wayne Gretzky s’est vendue à plus de 1 million $, ça a donné un gros boost, ainsi que l’arrivée d’Alexis Lafrenière », estime en entrevue au Journal Daniel Rock, président de ACA Certification, une entreprise de La Prairie qui se spécialise dans l’évaluation et la certification d’objets de collection issus du monde du sport.

L’arrivée d’investisseurs

Pour Jeff Crête, qui est copropriétaire de la boutique 418 Sports, située au marché Jean-Talon, à Québec, cette hausse vertigineuse du marché n’est pas seulement attribuable à la pandémie et au fait que les gens se sont retrouvés avec un surplus d’argent dans leurs poches en raison des confinements.

« C’est un mélange de tout. La pandémie et le timing. Il y a aussi eu les investisseurs de Forbes Magazine qui ont sorti un reportage sur les cartes sportives l’année passée (NDLR : le titre était Pourquoi l’industrie des cartes de sport n’a pas encore atteint son apogée). Le même gars a sorti le reportage au début de la pandémie, a dit d’arrêter d’investir un peu partout et d’investir dans les cartes sportives. Ça a fait un gros boum », mentionne ce passionné derrière le comptoir du magasin où le hockey occupe une place de choix.

« Quand on est rendu à mettre 5, 8,10, 20, 40 000 $ sur une carte, oui, c’est un passe-temps, mais c’est aussi un investissement. Au lieu d’acheter des actions d’une compagnie, on décide de mettre ça dans notre bibliothèque ! Au lieu de placer l’argent dans rien, les gens décident d’acheter du tangible », explique pour sa part Yannick Godbout, gérant de la section des sports chez Imaginaire, qui compte cinq succursales dans la province.

Enfant pauvre des quatre sports majeurs en ce qui a trait à la valeur des cartes, le hockey a repris du poil de la bête avec l’arrivée de nouveaux collectionneurs et investisseurs prêts à se procurer les pièces les plus recherchées, notamment celles de Wayne Gretzky, de Sidney Crosby et de Alexander Ovechkin. Les plus récentes ventes pour Crosby et Ovechkin sur eBay se situent approximativement entre 1075 $ CAN et 2000 $ CAN. La valeur peut doubler, voire tripler, si la carte est gradée. 

« Je pense qu’il y avait beaucoup d’Américains qui investissaient beaucoup dans les cartes de basketball, baseball et football, et ils se sont dirigés vers les autres sports parce que ça n’avait pas encore monté. Et tu as vu beaucoup de nouveaux collectionneurs apparaître », soutient Jeff Crête.

Le Journal a pu recenser sur Facebook de nombreux groupes de vente et d’échange de cartes au Québec, majoritairement pour le hockey, où des milliers d’adeptes partagent la même passion. De nouvelles boutiques ont aussi ouvert leurs portes, notamment dans la région de Montréal et au Saguenay.

Et à l’avenir ?

Mais la frénésie est-elle là pour durer ? Même si le marché des cartes connaît des heures de gloire, les prix fluctuent au même rythme que les actions en bourse. La question divise les observateurs du milieu.

« Je ne sais pas. La vie va redevenir normale, les taux d’intérêt vont aussi redevenir normaux », note Yannick Godbout, qui collectionne depuis une vingtaine d’années.

Allan Gilbert, qui s’est lancé dans une nouvelle carrière associée à l’industrie, n’anticipe pas une baisse considérable lorsque la pandémie sera chose du passé.

« Je ne pense pas que ça va diminuer tant que ça, car les gens ont pris conscience de la valeur des choses. Ça va sûrement descendre un peu parce que présentement, Monsieur et Madame Tout-le-monde sont entrés dans la vague », analyse-t-il.

« Il y a toujours une manne de collectionneurs et une base solide. Quand il y a des hauts, c’est très haut, mais ça finit toujours par redescendre sans qu’il y ait des flops. Bien malin celui qui pourra prédire si le hype sera encore là », a conclu Daniel Rock.

Montréal, un marché spécial, même pour les cartes   

Quebec
Photo Roby St-Gelais

L’unicité du marché de Montréal dans la LNH se transpose aussi dans les ventes de cartes de hockey. Et l’engouement autour de Nick Suzuki en est un exemple frappant.

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Une collection de 80 000 $ à 16 ans   

Quebec
Photo Jean-François Racine

Contrairement à la pensée populaire, les cartes de grande valeur ne sont pas uniquement réservées aux vénérables collectionneurs qui ont mis du temps à bâtir leur empire. Samuel Auclair, de Saint-Georges, en est un vibrant exemple.

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Le collectionneur de Raymond Bourque   

Quebec
Photo courtoisie

D’aussi loin qu’il se souvienne, Denis Beauregard a toujours été un fervent admirateur de Raymond Bourque. Au fil des ans, l’attachement qu’il porte à l’ancien défenseur étoile des Bruins de Boston s’est transformé en une immense collection de cartes de toutes les années de son joueur préféré.

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Quarante ans dans les cartes   

Quebec
Photo Agence QMI, Pierre-Paul Poulin

La passion pour les cartes de hockey, Joey Pizzuti l’a dans le sang depuis plus de 40 ans. Il n’y a pas une semaine où l’homme de 49 ans ne se rend pas à son magasin favori de Montréal pour ajouter des cartes à sa collection qu’il pense valoir dans les « six chiffres ».

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Le mentor du hobby des cartes   

Quebec
Photo Martin Alarie

Amateur de hockey depuis sa jeunesse, Christophe Landry-Savard s’est toujours intéressé au monde des cartes de hockey. Et avec l’explosion du nombre de collectionneurs, il a décidé de redonner au suivant grâce à ses connaissances acquises au fil des ans. 

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Une compagnie qui a le vent dans les voiles 

Quebec
Photo Chantal Poirier

L’explosion du marché des cartes de hockey ne bénéficie pas seulement aux vendeurs. La compagnie québécoise ACA Certification, qui se spécialise dans la gradation et l’authentification de signatures, a vu une forte croissance pour la demande de ses services.

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Il change d’emploi et fait un tabac sur le Web 

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Après 15 ans dans un emploi stable et bien rémunéré, Allan Gilbert a tout abandonné pour se consacrer corps et âme à sa plateforme web d’ouvertures de boîtes de cartes en direct qui connaît un franc succès.

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