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Hors Canada: Ottawa avare de détails sur la PCU

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Ottawa refuse de dévoiler le nombre de personnes qui ont bénéficié de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), en 2020, tout en se trouvant à l’extérieur du Canada.

Instaurée au début de la pandémie, cette aide d’urgence a été réclamée par près de 9 millions de personnes.

Chaque demandeur pouvait bénéficier d’une prestation hebdomadaire imposable de 500 $ durant 28 semaines, soit un maximum de 14 000 $. En tout, plus de 81,6 G$ ont été ainsi distribués.

En général, les personnes ayant perdu leur emploi à cause de la pandémie pouvaient toucher la PCU à condition de vivre au Canada, d’être âgées de 15 ans et plus et d’avoir gagné un revenu d’au moins 5000 $, l’année précédente. 

Exceptions 

Or, dans certains cas, il était possible de réclamer la PCU, même en se trouvant en dehors du Canada. « Vous êtes un travailleur canadien qui réside habituellement au Canada. Cependant, vous étiez en vacances à l’extérieur du Canada et, en raison de la COVID-19, vous ne pouvez pas revenir travailler au Canada », détaille Ottawa.

Les Canadiens qui résident à l’étranger et qui travaillent pour une organisation canadienne et les travailleurs canadiens du secteur de l’aide internationale pouvaient également bénéficier de la prestation.

Malgré nos demandes répétées, Ottawa n’a pas été en mesure de révéler le nombre de personnes qui ont touché la PCU tout en se trouvant à l’étranger.

Même discrétion lorsqu’on a voulu connaître les procédures de vérification de l’admissibilité à cette aide. Autrement dit, comment le fédéral fait-il pour s’assurer que le demandeur était réellement coincé hors Canada à cause de la COVID-19 et qu’il ne pouvait pas rentrer au pays à bord d’un des 447 vols de rapatriement ?

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Principe de l’attestation  

« L’Agence du revenu du Canada a conçu les processus de demande de la PCU sur le principe de l’attestation. Il s’agit d’une approche semblable à celle utilisée pour la production des déclarations de revenus, à savoir que les particuliers attestent la véracité des renseignements qu’ils fournissent », a expliqué la porte-parole Sylvie Branch.

Affirmant que « l’Agence effectue régulièrement des examens de validation [pour] confirmer que les particuliers sont bel et bien admissibles aux prestations qu’ils reçoivent », elle a ajouté : on « ne divulgue pas les renseignements spécifiques en lien avec nos stratégies d’examen, car [cela] pourrait mettre en péril nos activités d’observation et l’intégrité du système fiscal du Canada ».

D’autre part, quelque 810 étudiants se trouvant hors frontières ont pu se partager 3 millions $ grâce à une autre aide : la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE).

En juin, Le Journal révélait que les étudiants pouvaient toucher cette aide même en se trouvant à l’étranger. À l’époque, Ottawa n’avait pas voulu dévoiler leur nombre ».