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La folie des cartes sportives: il change d’emploi et fait un tabac sur le Web

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Allan Gilbert

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Après 15 ans dans un emploi stable et bien rémunéré, Allan Gilbert a tout abandonné pour se consacrer corps et âme à sa plateforme web d’ouvertures de boîtes de cartes en direct qui connaît un franc succès.

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Ce concept, des breaks dans le jargon du hobby des cartes, donne la possibilité aux collectionneurs de mettre la main sur des lots de cartes sans payer le prix total des boîtes offertes. 

Habituellement, ceux-ci achètent une place à laquelle leur sera attribuée au hasard une équipe selon le type de break : hockey, baseball, football et basketball. Ils remportent seulement les cartes de l’équipe qui a été attribuée selon leur place. Il existe donc un risque que l’acheteur n’obtienne aucune carte puisque personne ne sait ce qui se trouve à l’intérieur des boîtes. L’ouverture des boîtes et des paquets est filmée en direct. Le prix des places est déterminé selon le nombre de boîtes et la valeur de celles-ci, ce à quoi on ajoute la cote que l’animateur se verse pour son travail et les frais de manutention.

«Il y a deux types de personnes dans le hobby : ceux qui sont là pour le plaisir et ceux qui sont là pour faire du cash. Si on se met dans la peau du gars qui est là pour le plaisir, il va participer au break pour le thrill de pogner quelque chose de gros à une fraction du prix», explique Allan Gilbert, qui a créé sur Facebook la page Break – The Workshop, où il répertorie tous ses programmes à sa communauté.

Pari réussi

L’explosion du hobby dans les derniers mois a amené plusieurs personnes à se lancer dans l’exercice d’ouvertures de boîtes en direct sur internet.

Mais ceux qui ont transformé leur passion en emploi comme Allan Gilbert sont rares. Il occupait un poste de cadre chez Vidéotron lorsqu’il a tiré la plogue, en juillet dernier.

«Ça ne me convenait plus [...] J’ai commencé les breaks pour le plaisir et je pensais que ça allait mourir, mais après un deuxième arrêt de travail, je me suis dit : ‘‘on y va, on tient quelque chose de solide”», dit l’homme de 37 ans qui est épaulé par son ami Philip Bouchard-Fortin dans l’aventure. Sans dévoiler son salaire, il dit gagner suffisamment d’argent pour en vivre. 

Force est d’admettre que Gilbert avait vu juste puisqu’il peut maintenant organiser jusqu’à une vingtaine d’événements par semaine, souvent plusieurs par soir. Selon l’entrepreneur, qui a été obligé de s’enregistrer au Registraire des entreprises en raison de son succès, la pandémie a grandement contribué à l’essor du phénomène.

«Je ne pensais pas que ça aurait cet effet. Je me disais que les gens allaient faire attention puisqu’ils n’avaient pas de paie, mais malgré ça, le contraire s’est produit», note-t-il.

Sortir des sentiers battus

Le résident de Lévis a découvert le phénomène grâce à des collectionneurs des États-Unis et du Canada. L’exercice le fascinait, mais il trouvait que les ouvreurs manquaient d’interaction avec leur public. Il voulait mettre sa touche personnelle.

«Je trouvais que les breakers avaient l’air plate et c’est ça m’a donné l’idée de commencer ça. Il y avait des cartes que je trouvais wow, mais le gars passait droit et n’en parlait pas plus. À ce moment, si tu ne sortais pas un hit à 500 $, c’était ordinaire. J’ai voulu ramener ça à la base du plaisir», raconte-t-il.

Avec ses deux caméras dans son appartement, ses effets spéciaux et son fond vert qui donne une dimension unique à la webdiffusion, Allan Gilbert se démarque de ses concurrents.

«Je voulais monter la barre plus haut que juste ouvrir des cartes. Certains pensent que c’est facile, mais quand c’est le temps de donner du service et de faire l’expédition... Présentement, ça m’occupe sept jours par semaine.»