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Hommage à Georges-Émile Lapalme

Georges-Emile Lapalme
Photo d'archives Georges-Émile Lapalme.

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L’entrée en vigueur de la loi créant le ministère des Affaires culturelles, il y a exactement 60 ans cette semaine, marque une étape cruciale dans l’histoire du Québec moderne.

D’emblée, c’est avec un sentiment d’affection que je salue l’apport de toutes les femmes et de tous les hommes de l’ombre, ainsi que de celles et ceux qui ont occupé le poste de ministre des Affaires culturelles qui deviendra, en 1994, le ministère de la Culture et des Communications. 

Mon bref passage comme titulaire de ce ministère de 2012 à 2014 m’a permis d’apprécier leur engagement et leur détermination afin de faire de la culture la marque la plus significative de ce que nous formons comme nation francophone en terre d’Amérique.

L’architecte

Nous ne parlerons jamais assez de la ténacité du premier titulaire des Affaires culturelles, le regretté Georges-Émile Lapalme. Il sera l’un des principaux penseurs du programme électoral du Parti libéral du Québec en vue de la campagne de 1960. 

Il y proclamera : « Le moment est venu de concevoir politiquement l’État provincial comme un phénomène culturel ».

Malgré l’opposition de l’Union nationale et la réticence de certains collègues au sein même de sa formation politique, M. Lapalme, rappelle son biographe Jean-Charles Panneton, « impose littéralement la création du ministère des Affaires culturelles en mars 1961 ». 

Devenu premier ministre à l’issue des élections du 22 juin 1960, Jean Lesage dira, le 28 mars 1961 : « Le gouvernement a l’intention de faire de la province de Québec le centre de rayonnement de la culture française en Amérique. Le fait français constitue un ensemble de valeurs qui enrichissent le Canada tout entier. Nous croyons que la création d’un ministère des Affaires culturelles est une nécessité vitale, surtout au moment où la population du Québec dans son ensemble est plus que jamais éveillée à l’apport qu’elle pourra fournir à l’épanouissement de notre vie nationale ». 

La tranquille révolution

Avec Jean Lesage, René Lévesque et Paul-Gérin Lajoie, le ministre Georges-Émile Lapalme a constitué le noyau politique de cette révolution tranquille, de cette modernisation de l’État québécois. 

Au fil du temps, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de construire une société originale, respectueuse d’elle-même, en forgeant des outils de développement économique et culturel adaptés à notre réalité et aux talents de nos artisans et de nos créateurs.

Au départ, M. Georges-Émile Lapalme pouvait alors compter sur quelques fonctionnaires dévoués, pensons à M. Guy Frégault, le premier sous-ministre du nouveau ministère des Affaires culturelles et à tant d’autres qui, dans l’ombre, ont joué un rôle capital.  

Homme de vision, il espérait que ce nouveau ministère pourrait affirmer la place du Québec dans le monde. Les exemples sont légion pour affirmer que cet objectif a été largement atteint.

Lorsque la scène reprendra bientôt ses droits, notamment à la Place des Arts, soyons plus attentifs en traversant l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme. Il nous rappelle la mémoire de ce grand Québécois. Nous lui devons tant.