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Projections de l’OQLF: le français poursuivra son déclin au Québec

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L’utilisation du français à la maison poursuivra son lent déclin au Québec, démontre une projection de l’Office québécois de la langue française (OQLF). Pendant ce temps, l’anglais gagne du terrain sur les lieux de travail.

Une étude réalisée par Statistique Canada pour l’OQLF prévoit que le pourcentage de gens parlant le français à la maison passera de 82% en 2011 à environ 75% en 2036.  

«Peu importe les scénarios envisagés, l’étude Scénarios de projection de certaines caractéristiques linguistiques de la population du Québec (2011-2036) indique que le poids des francophones de langue maternelle et celui des personnes dont le français est la langue parlée le plus souvent à la maison diminueront d’ici 2036», écrit l’OQLF dans son communiqué de presse.  

Avec une hausse de seulement 2% sur la même période, ce n’est pas tant l’anglais que l’immigration qui aura un impact sur le déclin du français comme langue maternelle et parlée à la maison.  

«Cela est directement tributaire du fait que la population immigrante est composée de personnes dont la langue maternelle et la langue parlée le plus souvent à la maison sont principalement des langues tierces. Le pourcentage de la population du Québec qui connaît le français et celui de la population ayant cette langue comme PLOP [première langue officielle parlée, NDLR] pourraient cependant connaître des baisses moins fortes», écrivent les auteurs du rapport.  

  • Écoutez la chronique de Caroline St-Hilaire à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio:

Immigration

Le document, qui porte sur l’impact prévu de nouveaux arrivants sur le profil linguistique du Québec, note que même une immigration économique provenant à 100% de pays francophones (un scénario jugé peu probable) aurait peu d’impact sur la courbe du déclin.  

«Une modification dans la composition linguistique de l’immigration économique n’ajouterait donc que quelques milliers de personnes de langue française, tous indicateurs confondus, chaque année, sur une population de plusieurs millions de personnes», soulignent les auteurs.   

Ces derniers ajoutent par contre que le déclin du français comme langue parlée à la maison «ne signifie pas pourtant que l’usage du français dans la sphère publique connaîtrait une baisse de la même ampleur». 

Langue de travail

D’autres données dévoilées par l’OQLF lundi révèlent que près de la moitié des francophones (49%) utilisent régulièrement une autre langue que le français au travail. Cette proportion grimpe même à 68% sur l’île de Montréal.  

Les principales raisons évoquées pour utiliser l’anglais au travail étaient: répondre à un client au Québec (49,0%), répondre à un client de l’extérieur du Québec (43,4%), langue préférée des collègues (25,4%) ou faciliter les communications avec le siège social ou avec les fournisseurs (17,1%).  

«C'est vraiment difficile de passer à côté de l'anglais. En ce sens-là, c'est un peu un échec de la loi 101, qui visait à faire du français la langue habituelle du travail, on voit que ce n'est pas du tout le cas», souligne Patrick Sabourin, démographe à l’Institut national de la recherche scientifique.  

Ces nouvelles données sont publiées alors que le gouvernement Legault s’apprête à déposer une importante réforme de la loi 101 au cours des prochaines semaines.  

«On doit prendre toutes les actions pour freiner ce déclin du français. Il faut s'assurer de faire en sorte que l'ensemble des Québécois soient mobilisés pour sauvegarder le français à Montréal et au Québec, et c'est urgent de le faire», a commenté lundi le ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette, au micro de TVA Nouvelles.  

– Avec Alain Laforest, TVA Nouvelles