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Coderre veut prouver qu’il a changé

L’ancien maire de la métropole québécoise dit qu’il sera sur le terrain pendant les sept prochains mois

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Denis Coderre n’a pris personne par surprise en annonçant son retour en politique, quelques jours après la publication de son livre Retrouver Montréal. Mais plusieurs membres de son ancien parti, Ensemble Montréal, ignoraient que c’est avec cette formation qu’il veut revenir. Celui qui a été maire de la métropole de 2013 à 2017 promet qu’il sera sur le terrain durant les sept mois qui nous séparent de l’élection. Il a répondu à quelques questions. 

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Ce n’est pas tout le monde dans Ensemble Montréal qui était au courant de votre retour. Ça ne va pas heurter vos collègues ?

Non, ce n’est pas tout le monde qui le savait. Tu m’aurais vu parler à tout le monde ? Les gens avec qui j’ai parlé étaient contents. J’ai annoncé mon intention et ils ont un caucus [aujourd’hui]. Il n’y a pas vraiment de grande surprise que je revienne en politique et ça aurait été inacceptable de fonder un autre parti quand t’as été avec ces gens-là.

Il y a des gens déçus que vous ne soyez pas resté avec eux dans l’opposition.

Il peut y avoir des gens amers. Mais je n’avais pas le choix de partir. J’étais malade et j’ai frappé le mur pas à peu près. J’ai probablement fait un burn-out.

Maintenant que vous avez annoncé vos couleurs, vous allez faire quoi jusqu’à l’élection ?

J’ai démissionné de mes autres postes. Je serai là. Je vais être sur le terrain pour les prochains mois. Je vais faire de la politique et m’entraîner.

Vous ne revenez pas sur la Formule électrique, bien que son échec ait contribué à votre défaite en 2017 et que l’Inspecteur général vous ait blâmé pour la façon dont le contrat de promotion a été accordé à evenko. Pourquoi ?

On ne fera pas de l’autoflagellation continuellement. Il y a eu des problèmes et j’ai payé pour eux à la dernière élection. [Pour l’inspecteur], je pense que tout était transparent. Tous ceux qui avaient à me donner des consignes ne m’ont jamais dit de ne pas faire ce qu’on a fait. Je pense qu’il faut passer à autre chose.

Denis Coderre qui intervient dans la promotion d’un événement ou qui appelle le chef de police parce qu’une de ses contraventions a fuité dans les médias, est-ce que c’est fini ?

Je n’embarque pas là-dedans. Je veux parler de mon retour et des enjeux. Je pense qu’on est rendu ailleurs. Ce qui est important, c’est comment on va sortir de la pandémie et avoir un centre-ville pour que les gens aient le goût de revenir à Montréal.

Vous voulez revoir la règle qui interdit de construire des édifices plus hauts que le mont Royal pour en protéger la vue. C’est votre solution à l’étalement urbain ? 

Je voulais provoquer un débat. « Hauteur » ne veut pas dire juste des gratte-ciel. On doit avoir une discussion et on verra ce que ça donne au bout. Mais il faut augmenter la densité et avoir des services si on veut que les gens viennent.

Depuis votre défaite en 2017, vous avez travaillé pour Stingray, dont le président veut ramener le baseball à Montréal, à la Fédération internationale de l’automobile, qui gère la Formule E, et comme représentant de la Caisse de dépôt, qui construit le train du REM. Si vous redevenez maire, est-ce qu’il n’y a pas une apparence de conflit d’intérêts dans ces dossiers ?

J’ai gagné ma vie. J’avais une certaine expertise, je suis allé en chercher d’autres en mobilité, en numérique. Est-ce que je ne peux pas me présenter comme maire, c’est ça que vous me dites ? On va s’assurer qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêts.

Vous n’avez pas peur que votre passé vienne vous hanter, qu’on vous attaque sans cesse sur la Formule E et sur le one-man-show Coderre ? 

C’est à moi de prouver que j’ai été transformé. Je pense qu’on a fait de belles choses en équipe pendant le mandat. Mais je peux dire que, pendant la campagne, je ne ferai pas d’attaques personnelles. On en a soupé. On va faire un débat d’enjeux. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Ce qu’il a dit sur...  

Faire passer le REM dans le Vieux-Montréal, comme présenté dans son livre :

«Ce qu’on peut regarder, c’est le souterrain ou les rails actuels. » 

Le tracé ressemblant à la ligne rose de la mairesse Valérie Plante présent dans son livre:

«On s’inspire aussi du REM. Ce n’est pas vrai que la notion de mobilité appartient à un seul individu.» 

Les finances de la Ville et la possibilité de couper dans la fonction publique comme dans son premier mandat :

«On va avoir à respecter la capacité de payer des gens. »