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Propos d’Amir Attaran: un prof dégoûté coupe les ponts avec l’Université d’Ottawa

Il dénonce le racisme de son collègue et ne veut plus collaborer avec l’établissement

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Photo d'archives L’Université d’Ottawa est au cœur d’au moins deux scandales depuis un an.

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Dégoûté par les propos d’Amir Attaran, un professeur québécois refuse de collaborer à nouveau avec l’Université d’Ottawa et réclame la démission de son recteur Jacques Frémont.

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Le professeur de mathématiques à l’Université de Montréal, François Lalonde, a des mots très durs à l’égard de M. Frémont dans un courriel envoyé dimanche au recteur, mais également aux premiers ministres canadien et ontarien, de même qu’à d’autres élus.  

«Je ne conçois pas pouvoir dorénavant collaborer sainement avec l’Université d’Ottawa», écrit celui qui a été directeur du Centre de Recherches Mathématiques de l’UdeM. À travers celui-ci, il estime avoir «établi des liens vigoureux entre les universités québécoises et l’Université d’Ottawa».  

François Lalonde
Photo courtoisie
François Lalonde

«Mais à partir de maintenant, je ne conseillerai plus à mes étudiants au doctorat et à mes postdoctorants du monde entier d’aller compléter leurs études à l'Université d’Ottawa, poursuit-il. Sous la gouvernance de Monsieur Frémont, l’Université d’Ottawa a perdu sa réputation d’université de savoir, de connaissances et de recherches.»  

«Racisme dégoûtant et primaire»

En entrevue, François Lalonde affirme qu’il n’a «plus du tout envie de collaborer» cette université bilingue. «C’est une institution que je ne respecte plus», dit-il, même s’il reconnaît la qualité des professeurs du département de mathématiques.  

«J’espère que l’université va se rétablir, c’est pour ça que j’ai écrit cette lettre, explique le professeur. Il faut qu’ils sortent de tous ces scandales.»  

Pour François Lalonde, la direction de l’université «a agi de façon ignoble», l’automne dernier, en ne défendant pas une autre professeure, Verushka Lieutenant-Duval. Celle-ci a plutôt été suspendue après avoir utilisé le «mot en N» dans un contexte académique.  

À l’opposé, les propos du professeur Amir Attaran – selon qui le Québec pratique un «lynchage médical» envers ses minorités et est dirigé par un gouvernement «suprémaciste blanc» – n’ont pas mené à une sanction.  

«Dans le cas de Monsieur Attaran, il s’agit de racisme dégoûtant et primaire que l’Université ne sanctionne pas», écrit M. Lalonde.  

Le professeur poursuit : «Il me semble, en conclusion, que le recteur de l’Université d’Ottawa doit démissionner le plus tôt possible.»

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Annonce à venir

De son côté, l’Université d’Ottawa a promis, dans une communication interne lundi, d’établir «un important dialogue» avec la communauté universitaire pour «assurer l’épanouissement de la francophonie au sein de l’Université d’Ottawa».  

Des rencontres publiques auront lieu dans chacune des facultés pour discuter des mesures à mettre en place, a annoncé le vice-recteur, International et Francophonie, Sanni Yaya.  

Le recteur Jacques Frémont compte également «s’adresser très bientôt à l’ensemble de la communauté universitaire et fera une annonce concernant ces importants enjeux», écrit M. Yaya.  

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