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Écrasement d'hélicoptère: le fils du PDG de Savoura s’est battu pour survivre

La compagnie Telus a mis beaucoup de temps à fournir les données cellulaires

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Le fils du PDG de Savoura a survécu à l’impact de l’écrasement de l’hélicoptère piloté par son père en juillet 2019, mais impossible de savoir si la difficulté à les localiser en raison du manque d’accès aux données cellulaires est en cause dans son décès. 

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« Il est possible qu’il ait survécu plusieurs heures et/ou jours », lit-on dans le rapport de la coroner, Me Denyse Langelier, rendu public mercredi matin. 

Malgré des fractures notamment au bassin et à deux vertèbres, Justin Roy Séguin, 14 ans, a réussi à s’éloigner de l’appareil. 

Le PDG de Savoura, Stéphane Roy, en compagnie de son fils Justin.
Photo d'archives
Le PDG de Savoura, Stéphane Roy, en compagnie de son fils Justin.

À 100 m de l’appareil

« Les policiers ont mesuré 60 m à vol d’oiseau, mais avec le terrain accidenté, c’est certain qu’il n’a pas fait une ligne droite. On peut facilement imaginer qu’il s’est déplacé sur 100 à 200 mètres », précise en entrevue Me Langelier. 

Selon le pathologiste, les nombreuses blessures « ont pu être incapacitantes, mais non suffisantes en soi pour expliquer le décès », selon le rapport. 

Stéphane Roy et son fils, Justin Roy Séguin, ont disparu le 10 juillet, après avoir décollé de leur camp de pêche dans les Hautes-Laurentides en direction de Sainte-Sophie. Ils ont été retrouvés le 25 juillet près du lac Valtrie. 

Selon les conclusions de l’enquête du Bureau de la sécurité des transports (BST) dévoilées aussi mercredi, la défaillance d’une des pales du rotor principal de l’hélicoptère Robinson R44 serait en cause dans l’écrasement. Malheureusement, la balise de repérage d’urgence ne s’est pas activée et les enquêteurs ont dû les repérer à l’aide des données de leurs cellulaires.   

  • Écoutez l'entrevue avec la coroner Denyse Langelier sur QUB radio    

Course contre la montre

« Il a fallu beaucoup de temps. Telus a collaboré, mais quand les policiers ont voulu avoir des informations plus précises, un mandat a été demandé. Mais c’était impossible selon la loi. Finalement, ils ont fini par collaborer pour des motifs humanitaires », explique la coroner. Elle recommande d’ailleurs une modernisation de la loi pour faciliter ce genre d’opération dans les cas de disparition, comme c’est le cas dans six autres provinces.  

« Dans le cas de disparition en forêt, le facteur temps est crucial. Généralement, les gens vont décéder dans les 72 premières heures. Avec les blessures et l’impact psychologique, il a assurément passé des moments difficiles à tenter de survivre. Surtout que les nuits étaient froides », commente Geneviève Lavoie, instructrice de survie en forêt pour le groupe Les Primitifs.

De son côté, Télus mentionne avoir « suivi le cadre légal et le processus en place, et a collaboré avec les autorités dès le début de la requête d’assistance à l’investigation » allant même « au-delà des attentes ».

Vivant des moments douloureux, les proches des victimes ont préféré ne pas commenter. 

RECOMMANDATIONS DE LA CORONER

  • Modifier la loi pour permettre aux policiers d’exiger l’accès aux renseignements sur des communications téléphoniques et des renseignements sur les signaux liés à l’emplacement d’une personne disparue
  • Que cette recommandation s’étende à d’autres dossiers contenant des renseignements d’identification comme les réseaux sociaux, les dossiers bancaires et médicaux