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Fermeture temporaire: des restaurateurs fâchés et au bord des larmes

Cette troisième fermeture pourrait être fatale pour plusieurs

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Panique, découragement, agressivité, les restaurateurs et leurs précieux employés ont vécu une montagne russe d’émotions dès l’annonce d’une troisième fermeture mercredi. 

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Frigos pleins, réservations complètes pour Pâques et nouveau personnel à peine formé, l’annonce du gouvernement a été très mal accueillie dans l’industrie. Après l’alarme, les larmes. 

« C’est honteux. Le gouvernement nous a ouvert de façon prématurée. On ne peut pas jouer au yo-yo avec nos employés. C’est rire du monde. J’ai réussi à les ramener avec moi et on va les renvoyer chez eux encore ? » s’interroge Ivan Waddell, directeur général associé du Archibald Sainte-Foy.

Ouverts depuis le 8 mars, les restaurants de Québec et Lévis devront donc fermer une fois de plus moins d’un mois plus tard. En ce qui concerne les commandes pour emporter, elles seront toujours permises comme ce fut le cas pendant l’hiver.  

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La santé mentale semble actuellement à son plus bas depuis mars 2020.

Visiblement, le message ne passe pas. Les restaurateurs ne croient plus aux nouvelles restrictions, à l’aide financière du provincial, ni à la durée prévue de cette autre fermeture.

« On a un inventaire d’alcool de 100 000 $ et nous l’avons coupé de moitié. Pour la nourriture, c’est 25 000 $. Ce n’est pas un magasin de souliers. Ce n’est pas l’argent, mais nos employés qui étaient dans le stationnement à se demander ce qui va leur arriver », ajoute l’homme d’affaires et ex-olympien Ivan Waddell. 

Les restaurateurs de Québec et Lévis avaient prévu des milliers de dollars de produits frais pour la fin de semaine de Pâques. Martin Vaillancourt, propriétaire de la microbrasserie Le Corsaire, à Lévis, n’accepte pas cette troisième fermeture depuis un an.
Photo Jean-François Racine
Les restaurateurs de Québec et Lévis avaient prévu des milliers de dollars de produits frais pour la fin de semaine de Pâques. Martin Vaillancourt, propriétaire de la microbrasserie Le Corsaire, à Lévis, n’accepte pas cette troisième fermeture depuis un an.

« Irresponsable »

À Lévis, l’enthousiasme des belles journées du printemps s’est évaporé en un instant.

« C’est irresponsable. On n’a pas reçu une cenne du provincial. Juste en viande et poisson dégelé pour la fin de semaine, je dois avoir pour 20 000 $ de stock à jeter ou à donner. Ça braillait. Les serveuses sont à ramasser par terre. Dans la cuisine, ça vire agressif », lance Martin Vaillancourt, propriétaire de la microbrasserie Le Corsaire. 

  • Écoutez l'entrevue de Gilles Lehouillier, maire de Lévis, au micro de Richard Martineau sur QUB radio:  

Ailleurs, la passion est fortement ébranlée. « Une troisième fermeture, ça va tuer beaucoup de restaurateurs », précise Claudine Hasty, propriétaire du Grain de Folie, faim bistro.

« Je me pensais solide, mais je suis en train de penser à faire autre chose dans la vie », a aussi mentionné Richard Poulin, du bar sportif Vegas 2.0, à Québec, qui devait ouvrir en formule resto le 5 avril.

« Nous sommes tous dans ce cauchemar. C’est extrêmement décevant. On souhaite que cela soit vraiment temporaire », termine Jean Bédard, président et chef de la direction du Groupe Sportscene, qui devra fermer six salles à manger La Cage – Brasserie sportive.

Un bilan inquiétant  

Québec  

  • 194 nouveaux cas    
  • 1 décès    
  • 34 hospitalisations, 8 aux soins intensifs        

Chaudière-Appalaches  

  • 51 nouveaux cas    
  • 1 décès    
  • 7 hospitalisations, 4 aux soins intensifs    

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