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Procès de Benoit Cardinal: l'adolescente nie avoir été présente lors du crime

Celle à qui Benoit Cardinal se serait confié a réfuté les prétentions de la défense, mercredi, au procès de l’éducateur

Jaël Cantin
Photo d’archives Jaël Cantin a succombé à un traumatisme contondant à la tête. Son conjoint des 15 dernières années, Benoit Cardinal, subit actuellement son procès pour meurtre prémédité, au palais de justice de Joliette, dans Lanaudière.

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JOLIETTE | L’adolescente à qui Benoit Cardinal aurait confié ses plans funestes de tuer sa conjointe nie fermement avoir été présente lors du crime, contrairement à ce qu’allègue la défense. 

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« Non », a sèchement répondu Laurie (nom fictif) à la reprise de son contre-interrogatoire mercredi, au palais de justice de Joliette, dans Lanaudière.

Mardi, la jeune fille était visiblement bouleversée de se faire mitrailler de questions par un des avocats de Benoit Cardinal.

Me Louis-Alexandre Martin a laissé entendre ad nauseam que Laurie était menteuse, manipulatrice et qu’elle avait caché des informations à la police.

Mercredi, lorsque le criminaliste lui a demandé pour la seconde fois si elle était présente dans la résidence du chemin des Anglais, à Mascouche, lors de la mort de Jaël Cantin, l’ado de 16 ans a été beaucoup plus ferme.

Les bras croisés, regardant droit devant elle, celle dont on ne peut révéler l’identité sur ordre du tribunal semblait avoir beaucoup plus d’assurance que la veille.

« Quelque chose de mal »

Réinterrogée brièvement par Me Caroline Buist, de la Couronne, la jeune fille a alors dû expliquer pourquoi elle avait avoué à sa travailleuse sociale avoir « fait quelque chose de mal », un mois après le meurtre de la victime de 33 ans.

Lorsque Jaël Cantin a poussé son dernier souffle, le 16 janvier 2020, Laurie était en fugue de son centre jeunesse. Pendant sa fuite, qui a duré environ 30 jours, elle a passé du temps avec Benoit Cardinal, qu’elle considérait « comme un père ». 

Un pimp dans le portrait

Elle a aussi eu des moments plus sombres, pendant lesquels un proxénète l’aurait obligée à avoir des relations sexuelles en échange de nourriture.

C’est pendant cette période que l’accusé de 34 ans, qui subit actuellement son procès pour meurtre prémédité, lui aurait confié vouloir assassiner sa conjointe. 

L’éducateur lui aurait même parlé de trois plans pour passer à l’acte sans se faire prendre. 

« J’ai dit que j’avais fait quelque chose de mal parce que j’ai regretté de ne pas avoir appelé la police pour dire ce que je savais. J’avais peur parce que j’étais en fugue. Jamais je n’aurais voulu que quelque chose comme ça arrive à quelqu’un », a lancé la jeune fille, fondant en larmes devant le jury de neuf femmes et cinq hommes. 

Laurie a ajouté du même souffle avoir beaucoup souffert dans sa courte vie, et qu’elle vivait mal avec le fait qu’on puisse l’associer à un homicide.

« Je n’ai absolument rien à voir là-dedans », a-t-elle affirmé devant la juge Johanne St-Gelais. 

À preuve, lorsque l’ado a été rencontrée par la police de Laval, à son retour de fugue, c’était pour un tout autre dossier, dont les jurés ne connaissent pas la teneur.

« On voulait confirmer si elle était victime de [quelque chose] dont on ne lui avait pas parlé encore », s’est contenté de dire l’enquêteur Gino Coulombe, mercredi.