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La santé des Québécois avant tout

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le ministre de la Santé Christian Dubé

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En réponse à la déclaration du ministre de la Santé, M. Christian Dubé, du 29 mars 2021 mentionnant que les médecins de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ-UL) insatisfaits de devoir composer avec le processus centralisateur d’OPTILAB devront «vivre avec».

Monsieur le ministre,

Chaque jour, nous accompagnons des personnes atteintes de cancer et leur famille. Nous recevons les propos du ministre Dubé comme une gifle. Comment peut-on réellement penser que le démantèlement de l’un des meilleurs laboratoires de tests et recherche au pays ne touche que quelques médecins? On ne parle pas ici d’organigrammes et de bureaucratie! On parle de vies humaines, d’accès à de meilleurs traitements. On parle d’espoir, d’années de survie supplémentaires, de qualité de vie et même de guérison.

Les propos du ministre illustrent parfaitement ce que ne devrait pas être notre système de santé: une machine froide et toujours plus grosse qui en vient même à perdre de vue la raison même de son existence, le patient.

Une question de vie ou de mort

Quand on voit le témoignage d’une femme dont la sœur est décédée sans avoir eu accès aux tests requis qui auraient pu lui offrir de meilleures chances de survie, il est difficile de ne pas être outré par ces aberrations du système.

Faudrait-il maintenant reprocher à des médecins de lancer un cri du cœur parce qu’ils en ont assez d’avoir les mains liées et de perdre des patients, faute de pouvoir leur offrir tous les tests et soins requis? Doit-on vraiment comprendre qu’ils devraient plutôt se taire et «faire avec»?

Comme organisation venant en aide aux patients, nous ne pouvons pas demeurer les bras croisés devant cette situation. C’est en fait une question de vie ou de mort.

La santé de nos patients, voire leur vie, a été mise au second plan, au profit d’une centralisation pensée en fonction d'objectifs bureaucratiques et non de l'accessibilité aux soins. Et le pire, c'est que le système n’en tire aucune économie dans ce cas précis! Alors, pourquoi? L’IUCPQ-UL est un modèle de soins optimisés, c’est ce qu’affirme le Conference Board du Canada.

Voici des faits. 26 jours. C’est le délai nécessaire pour donner accès aux patients à des soins à l’IUCPQ-UL. La moyenne provinciale est de 56 jours. Quand on sait que le taux de survie pour le cancer du poumon est d’une personne sur six après cinq ans, il est indéniable que les diagnostics précoces et approfondis de l’Institut peuvent avoir un impact considérable. 

Être à l’écoute des médecins

Monsieur le ministre, les médecins se battent corps et âme pour sauver des vies, nous sommes à même d’en témoigner. Vous devriez peut-être prendre le temps de les écouter. 

Il faut donner à l’IUCPQ-UL le statut particulier qui lui est par ailleurs déjà reconnu. 

Sinon, ce ne sont pas les médecins qui vivront avec, mais bien des patients qui mourront avec. Est-ce vraiment ce que nous voulons?

Dominique Massie, directrice générale, Association pulmonaire du Québec

Eva Villalba, directrice générale, Coalition priorité cancer au Québec

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