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Brillante Guylaine Tremblay

Les étés souterrains
Photo courtoisie Suzanne O'Neill

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Voir Guylaine Tremblay seule sur scène, c’est bien plus qu’un événement théâtral. C’est une classe de maître. On en a la preuve irréfutable avec Les étés souterrains, un premier solo en carrière livré par une comédienne au sommet de son art. 

L’héroïne de la pièce Les étés souterrains n’a pas de nom. Elle n’en a pas forcément besoin. Car on apprend à la connaître, à découvrir une femme forte, une femme affranchie. Une amoureuse des mots, de la cause féministe. Une femme qui a le courage de ses opinions et qui traite de la sexualité sans rougir. 

La maladie qui l’accable, elle non plus, n’est jamais nommée. Mais elle est tout aussi redoutable. Car en marge des soirées arrosées et des discussions passionnées entre amis, elle resserre son emprise silencieuse sur cette femme, la privant petit à petit de sa motricité, de son autonomie et de cette liberté qui lui est si chère. 

C’est un monologue taillé sur mesure pour Guylaine Tremblay que Steve Gagnon a ficelé avec Les étés souterrains. Et ça paraît. Le dramaturge – et comédien accompli – épate à nouveau ici avec son verbe franc, capable d’autant de tendresse que de violence, de légèreté que de profondeur. Cette collaboration avec Guylaine Tremblay frôle la perfection, et fait naître en nous l’espoir de plusieurs autres à venir.

Sur scène, Guylaine Tremblay brille. La comédienne apparaît aujourd’hui dans une forme spectaculaire, impeccable et puissante dans une œuvre lui permettant d’étaler son impressionnant registre, passant de la comédie à la tragédie avec une aisance franchement ahurissante. 

Tout ça, c’est d’autant plus puissant dans le contexte actuel. 

Expérience déstabilisante

Car il y a quelque chose de déstabilisant de voir les lumières s’éteindre sur un parterre clairsemé. Idem pour cette vision de Guylaine Tremblay qui s’avance sur scène devant une menue foule de 50 spectateurs, la capacité de la salle ayant été considérablement réduite en vertu des consignes de la Santé publique. 

En temps normal, Les étés souterrains aurait été applaudi soir après soir par près de 200 personnes. Et chacun de ces triomphes, chacune de ces ovations aurait été méritée. 

Un mince prix à payer pour pouvoir à nouveau monter sur les planches. Certes. N’empêche, chapeau à ceux et celles qui bravent ces conditions moins qu’idéales pour permettre à notre culture de subsister. 


Les étés souterrains est présenté à La licorne jusqu’au 8 mai. Toutes les représentations affichent complet.