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Record de crimes haineux ciblant l’orientation sexuelle

Ariane Marchand-Labelle
Photo courtoisie, Maude Touchette La directrice générale du Conseil québécois LGBT, Ariane Marchand-Labelle

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Des organismes de soutien aux communautés lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et queers (LGBTQ) sonnent l’alarme devant un nombre record au Canada des crimes haineux ciblant l’orientation sexuelle.

« C’est probablement la pointe de l’iceberg, parce qu’on dénonce très peu », craint Ariane Marchand-Labelle, directrice générale du Conseil québécois LGBT.

Selon des données dévoilées par Statistique Canada, les corps de police ont rapporté 263 crimes haineux ciblant l’orientation sexuelle en 2019, dont plus de la moitié ont été classés violents.

En 2019, on a enregistré 29 crimes haineux du genre au Québec, loin derrière l’Ontario qui trône au sommet du classement avec 118 cas.

Environ un million de Canadiens se considèrent être des minorités sexuelles, selon Statistique Canada.

Violence cachée

Mais il faut contextualiser ces dossiers, croit Mme Marchand-Labelle, plaidant qu’il y a « beaucoup de violence cachée ».

« Dans les communautés LGBTQ+, il y a un profond manque de confiance envers la police pour des raisons historiques, mentionne la directrice générale. Et aussi, pour nos populations, faire une dénonciation, ça veut souvent aussi dire faire un coming-out. »

L’organisme Interligne a mis sur pied une carte interactive où des victimes peuvent signaler différents types de violences vécus. 

Dans les dernières semaines, une quinzaine de personnes ont manifesté des abus psychologiques, sexuels ou encore verbaux.

« Mes intervenants et mes intervenantes m’ont souvent dit qu’ils avaient rarement vu autant d’appels concernant les violences », souligne Pascal Vaillancourt, directeur général d’Interligne. Le confinement serait l’une des causes principales de cette tendance, ajoute-t-il.

Changer de ton

Les propos tenus dans les médias et sur les réseaux sociaux seraient entre autres à l’origine de ce phénomène.

« De plus en plus, on sent une radicalisation dans les discours », souligne Pascal Vaillancourt. Il ajoute que les institutions doivent « s’ouvrir aux réalités LGBTQ ».

Un travail d’éducation est à faire, ajoute Marie Houzeau, directrice générale du Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS-Montréal). « C’est à la base de tout », mentionne-t-elle.

En 2019, environ 20 % des 30 000 appels sur la ligne d’écoute d’Interligne étaient liés à de la discrimination et des violences à l’égard de l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.