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Relâcher un lapin domestique dans la nature n'est pas une bonne idée

Relâcher un lapin domestique dans la nature n'est pas une bonne idée
PHOTO COURTOISIE / Martine Allard

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À l'approche de Pâques, de nombreux intervenants mettent en garde les personnes qui seraient tentées de se procurer un bébé lapin pour ensuite le relâcher dans la nature. Selon eux, il s’agit d’une très mauvaise idée. 

Les abandons de lapins domestiques dans la nature se multiplient et deviennent problématiques, car cet animal n'est pas adapté pour vivre librement sous notre climat.

«Les gens pensent que, s'ils le laissent partir dehors, il redeviendra sauvage, mais ce n'est pas vrai. C'est l'équivalent de relâcher un chihuahua. Il ne sera jamais adapté à notre climat», image Martine Allard, fondatrice de Sauvetage Lapins errants et gestionnaire de la page Facebook Signaler un lapin errant.

Chaque samedi, en compagnie d'autres bénévoles, elle se rend dans plusieurs villes autour de Montréal pour attraper les lapins domestiques abandonnés qu'on lui signale. Dans certains endroits, comme à Saint-Joseph-du-Lac, Saint-Lin et Saint-Jérôme, les lapins se multiplient, formant des colonies.

«Ces animaux-là ont des engelures, sont infestés de larves de mouche et n'arrivent plus à se nourrir parce qu'ils ont les dents trop longues. Les lapins domestiques ont besoin d'une alimentation qu'ils ne trouvent pas dans la nature, alors ils sont malades.»

Le lapin domestique est très différent du lièvre et du lapin à queue blanche, des animaux sauvages indigènes et adaptés au climat du Québec. Tandis que le lapin à queue blanche se nourrit de branches et d'écorce, le lapin domestique a besoin de 80% de foin dans son alimentation, pour lui permettre de limer ses dents.

«Les gens leur jettent des carottes en pensant les aider, mais ça ne fait qu'aggraver leurs problèmes de digestion. De loin, on pense qu'ils ne souffrent pas, mais en réalité, ils sont malades et terrifiés», ajoute Martine Allard.

Abandonner un animal domestique dans la nature est illégal et constitue une infraction au regard de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal, rappelle le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), qui, pour sa part, déplore de nombreux abandons chaque année, peu après la fête de Pâques et lors de déménagements.

Environ 250 lapins se retrouvent chaque année à la SPCA de Montréal, selon Anita Kapuscinska, responsable des communications. «Nous dénonçons le commerce et l'élevage des petits animaux de compagnie, et demandons aux gens de ne pas offrir de lapin ou de caneton à Pâques. Les lapins sont des animaux qui n'aiment généralement pas être pris dans les bras et qui ont des besoins particuliers. Il faut bien se renseigner et ne pas en faire l'acquisition impulsivement.»