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Un «soulagement» pour les hockeyeuses canadiennes

L’équipe de hockey féminine canadienne pourra renouer avec l’action sous peu

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Photo d'archives La Québécoise Marie-Philip Poulin trépigne d’impatience à l’idée de renouer avec la compétition, elle dont le dernier match officiel avec l’équipe canadienne remonte à février 2020.

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Plus d’un an après avoir disputé leur dernier match officiel, les hockeyeuses de l’équipe canadienne peuvent enfin entourer une date de retour au jeu à leur calendrier. Et c’est tout ce qu’elles demandaient. 

Le hockey féminin a encaissé plusieurs durs coups depuis deux ans. Il y a eu la dissolution de la Ligue canadienne au printemps 2019 qui a forcé plusieurs joueuses à organiser une tournée de matchs préparatoires en Amérique du Nord la saison suivante avant que le Championnat du monde prévu en Nouvelle-Écosse l’an dernier soit annulé en raison de la pandémie.

Même si la pandémie fait toujours rage, Hockey Canada et les autorités compétentes ont décidé d’aller de l’avant avec la présentation du Mondial 2021 à Halifax et à Truro du 6 au 16 mai. Les Canadiennes affronteront la Finlande en ouverture de tournoi au Scotiabank Centre, le domicile des Mooseheads dans la LHJMQ. Le duel contre les Américaines en ronde préliminaire aura lieu le 11 mai. 

« C’est sûr que c’est un soulagement et on est toutes très excitées à l’idée de jouer. De mettre ça au calendrier, de savoir qu’il y a des dates et qu’on va peut-être mettre ce chandail, c’est un feeling qui est dur à expliquer », a confié la joueuse la plus en vue de l’équipe canadienne, Marie-Philip Poulin, en entrevue téléphonique au Journal

Longue préparation 

Une trentaine de joueuses ont participé à deux camps préparatoires de remise en forme organisés par Hockey Canada, le premier à la fin janvier à Calgary, et le second au début mars dans la ville hôte. 

Malgré les règles sanitaires strictes à respecter, il faisait bon pour Poulin de se tremper de nouveau dans un tel environnement après plusieurs mois d’incertitude. 

« On s’entraînait beaucoup à Montréal [au Centre 21.02 de Verdun], mais d’être avec toutes les meilleures joueuses au Canada, ça a été un moment d’excitation. On a eu la chance de se pousser et la compétition était là. C’était aussi le fun de disputer des matchs intraéquipe », a souligné la fierté de Beauceville. 

Pour la gardienne de but Ann-Renée Desbiens, qui avait pris une pause d’un an à la suite des Jeux de Pyeongchang, ces deux rendez-vous lui ont permis de constater où en était sa progression aux côtés de l’élite à sa position au pays. 

« Avec les matchs intraéquipe, ça a fait du bien de savoir où on est et les matchs aident à avoir une perspective différente [...] Je suis très confiante à ma position avec tous les efforts que j’ai mis dans les dernières années. Si on fait appel à moi, je vais répondre à l’appel », a lancé l’athlète originaire de La Malbaie. 

Léthargie à freiner 

Le dernier titre mondial du Canada remonte aussi loin qu’à 2012. Depuis, les représentantes de l’unifolié ont remporté l’or olympique à Sotchi en 2014, mais elles ont surtout mis la main sur quatre médailles d’argent et une de bronze en championnats mondiaux, en plus de la deuxième position en Corée du Sud aux Jeux de 2018. 

Nul doute que la motivation à reprendre leur place au sommet de la hiérarchie de leur sport sera plus forte que jamais avec ce retour à l’action à la maison. Les discussions se poursuivent quant à la possibilité que des spectateurs soient admis dans les gradins. 

« Il y aura toujours une pression quand on met ce logo. Nous aussi, on veut gagner et on est conscientes des résultats des derniers championnats du monde et des derniers Olympiques. Notre motivation est là et on transforme cette pression pour cette motivation-là », a assuré Poulin qui s’apprête à participer à ses neuvièmes championnats. 

« Je ne parlerais pas de pression, mais de motivation, et c’est quelque chose qui va nous aider à performer. Il faut se concentrer sur les petites choses et oublier les facteurs externes qu’on ne contrôle pas », a mentionné Desbiens. 

Une nouvelle routine avec la pandémie 

Marie-Philip Poulin en action contre les Américaines en 2017.
Photo d'archives, Agence QMI
Marie-Philip Poulin en action contre les Américaines en 2017.

À l’instar des membres d’Équipe Canada junior à la période des Fêtes, Marie-Philip Poulin et ses coéquipiers ont dû apprivoiser la nouvelle réalité des événements en contexte pandémique. 

Après quelques cas positifs au début du camp de sélection de la formation des moins de 20 ans, en novembre, Hockey Canada avait resserré son protocole sanitaire. Aucun autre cas n’avait été décelé par la suite, même pendant le tournoi. La recette s’est appliquée lors des deux camps de l’équipe canadienne féminine.

À l’exception des entraînements à l’aréna, les joueuses étaient invitées à demeurer dans leur chambre d’hôtel où elles participaient à des réunions virtuelles et se faisaient livrer leur repas à la porte. Elles devaient aussi se soumettre à des tests de dépistage réguliers. Une routine bien différente.

« Je ne mentirai pas, ça a été un ajustement au début. Tu es seule dans ta chambre, on a le service à la chambre et on se promène seulement de l’aréna à l’hôtel et vice-versa. Cela dit, on a une très bonne équipe pour nous garder occupées », a exposé Poulin, qui vient de célébrer ses 30 ans.

Lecture et séances vidéo ont notamment été au menu. 

« Tout est filmé, et quand tu reviens d’un match, tu as la chance de faire plus de vidéo, on a eu des réunions avec les entraîneurs et on nous a aussi parlé de l’aspect mental. On a plusieurs outils à portée de main et c’est à nous de les utiliser », a ajouté la double médaillée d’or olympique.

Pas d’excuses 

D’ailleurs, pendant que les Canadiennes ont été limitées à des entraînements toute la saison, leurs rivales américaines et européennes ont pu jouer. Des saisons complètes dans certains cas. 

« Il faudra s’ajuster, mais ce ne sera pas une excuse puisqu’on a eu la chance de pratiquer beaucoup », a affirmé Poulin qui en a profité pour peaufiner ses habiletés individuelles durant ces longues périodes d’entraînement.