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Vincent Vallières: la part d’ombre

Vincent Vallières
Photo courtoisie, Alex Dozois

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Quatre ans après Le temps des vivants, Vincent Vallières nous revient avec un huitième album en carrière, Toute beauté n’est pas perdue. Partagé entre l’ombre et la lumière des derniers mois, l’auteur-compositeur a fait appel à plusieurs collaborateurs chevronnés pour ce retour attendu.

Vincent Vallières avait déjà complété une grande partie de son nouvel album lorsque la pandémie a frappé, en mars 2020. Se retrouvant en congé forcé, le musicien s’est alors mis à réécouter ses chansons qu’il avait enregistrées. Le doute s’est emparé de lui. 

« Je trouvais le résultat valable, mais je me demandais si c’était ce que je voulais faire, dit-il. J’ai donc décidé de recommencer... »

Un an plus tard, Vallières arrive avec un disque à la fois sombre et lumineux. « Il y a des moments de lumière dans le disque, mais il y a cet élément-là de grisaille qui a habité bien du monde dans la dernière année et qui m’habite aussi quelque part », explique-t-il.

Peut-on aller jusqu’à dire que Toute beauté n’est pas perdue est un album de rupture ? En écoutant des pièces comme Le paysage de ton silence, Ensemble parmi les autres, Le jardin se meurt et Tout n’est pas pour toujours, on remarque qu’elles semblent toutes parler de ce sujet. 

« C’est vrai qu’il y a beaucoup de chansons qui parlent de rupture, d’incertitude ou de doute, admet le musicien. Il y a quand même ça dans la vie en général, chez les gens qui m’entourent. Ce sont des affaires que j’ai beaucoup vues dans les dernières années. »

Et non, contrairement à ce que l’on aurait pu penser en écoutant ces pièces, Vincent Vallières ne s’est pas séparé. « L’élément de la rupture dans certaines chansons n’est pas en lien avec ma vie personnelle, dit-il. Je suis un auteur de chansons ! » (rires) 

D’autres titres sont beaucoup plus autobiographiques pour le musicien de 42 ans, comme la très belle et nostalgique La somme.

« Ça part des événements marquants de la fin de mon enfance qui m’ont mené au début de l’âge adulte avec le référendum de 1995, dit-il. Ce sont de petits bouts de souvenirs que j’ai eus en regardant mon gars [il a 13 ans aujourd’hui]. »

Vincent Vallières a récemment commencé à jouer ces morceaux en concert, lui qui parcourt le Québec avec une nouvelle tournée solo. Est-ce qu’il avait eu cette idée de spectacles en solitaire avant la pandémie ?

« Oui, c’était déjà prévu en 2019 ! J’avoue que ça marche vraiment bien en ce moment d’être certains soirs devant 80 personnes. Les gens entendent les paroles, je leur raconte des histoires. C’est synchronisé avec l’époque. »

Même si son calendrier est déjà bien chargé jusqu’à la fin de l’année, l’auteur-compositeur préfère ne pas trop se faire d’attentes avec les prochains mois et la pandémie.

« Je vais prendre ce que la vie va me donner, sincèrement. Je me suis rendu compte que c’est un métier qui est fragile. Et c’est cette fragilité-là qui fait toute sa beauté. » Comme quoi, toute beauté n’est pas perdue...


L’album de Vincent Vallières, Toute beauté n’est pas perdue, paraîtra le 9 avril. Un moyen métrage documentaire sur la conception du disque, avec performances musicales, sera disponible le même jour, à 20 h. Pour les billets : lepointdevente.com. 

Des mots sur ses collaborateurs  

ANDRÉ PAPANICOLAOU

Le musicien accompagne Vallières en tournée depuis 2006 et il joue sur ses albums depuis 2009. Mais ici, c’est la première fois que Vallières et lui coréalisent un album. « J’aime tout l’aspect de sa musicalité, dit Vincent. C’est un joueur de guitare moins explosif qu’un Olivier Langevin, mais il est très mélodiste dans son approche et il a une immense culture musicale. »


MARTIN LÉON

D’abord des connaissances, Vallières et Léon sont devenus de bons amis sur le projet Douze hommes rapaillés, en 2008. Martin Léon a agi sur le nouvel album comme directeur artistique. « On a passé du temps à s’obstiner sur plein d’affaires ! dit Vincent en riant. C’est ce que j’ai aimé. On a pu aller au bout de l’affaire. On a mis nos ego de côté. » 


INGRID ST-PIERRE

La chanteuse participe au duo On dansera sous la pluie. « On est amis depuis longtemps, dit Vincent. À son premier disque, elle faisait mes premières parties. Pour moi, c’était naturel de partager ça avec elle. Je me reconnais dans son travail et la façon dont elle approche ce métier. »


MARJO

C’est André Papanicolaou qui a donné l’idée à Vincent d’approcher Marjo pour le duo Tout n’est pas pour toujours. « C’est une interprète qui a marqué mon enfance et mon adolescence, dit Vincent. Ç’a été un beau moment et je l’ai trouvée généreuse d’accepter de jouer le jeu. »


ADRIAN VILLAGOMEZ

Le réalisateur a conçu le moyen métrage documentaire Toute beauté n’est pas perdue : dans la bulle de Vincent Vallières. « J’ai été vraiment surpris par la signature visuelle, dit Vincent. C’est un gars de 28 ans qui a énormément de talent. D’après moi, il est à Cannes dans cinq ans. »