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Deux jeunes sauvent leur mère de la noyade

GEN - CLAUDIA ET SES DEUX FILLES MARIELLE ET LYAM
PHOTO MARTIN ALARIE

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Deux jeunes héros qui ont sauvé leur mère de la noyade et de l’hypothermie veulent rappeler à tout le monde d’être prudent en tout temps sur les étendues d’eau, même si la glace semble ferme en plein hiver. 

Durant près de dix longues minutes en plein mois de février, Claudia Robillard a craint pour sa vie. Elle et son fils de 8 ans, Lyam Simard, profitaient alors de la belle journée pédagogique du 4 février pour patiner sur le marais de la Roselière, situé à l'arrière de leur domicile à Mirabel.

Or, au moment de faire un pas sur une partie enneigée pour prendre une photo, la glace a cédé sous son poids, la laissant prise dans l’eau froide jusqu’à la poitrine.

Les deux bras à l’extérieur, et sous le regard surpris de son fils, la femme de 47 ans lui a demandé d’aller chercher de l’aide. Celle qui venait tout juste de terminer sa chimiothérapie pour son quatrième cancer n’avait pas l’énergie pour s’extirper elle-même du trou.

« Je n’ai pas essayé de manœuvre pour sortir parce que j’avais peur de me retrouver prise dans l’eau. Je n’osais pas bouger. J’essayais de pleurer doucement, pour pas que ça casse », raconte-t-elle avec énergie.

GEN - CLAUDIA ET SES DEUX FILLES MARIELLE ET LYAM
PHOTO MARTIN ALARIE

Détermination

Les patins dans les pieds et avec un équilibre très précaire, le jeune garçon s’est élancé vers la route, déterminé à trouver un passant.

« J’ai fait un signe à une voiture, mais elle a continué son chemin parce qu’elle pensait que je lui disais bonjour », raconte le jeune homme, qui peut en rire aujourd’hui.

Il s’est finalement rendu chez lui pour demander assistance à sa grande sœur, Marielle Simard, encore en pyjama devant son cours de cégep en ligne.

« Je me dépêche. Enfile deux bottes, n’importe lesquelles, met un manteau, commence à courir sur la glace. J’avais peur qu’elle soit prise sous la glace. Je ne la voyais pas », relate la jeune femme de 19 ans.

Mme Robillard lui a alors dit de prendre une pelle, craignant que sa belle-fille ne tombe dans l’eau à son tour. Sur l’adrénaline, elle a fini par la sortir de l’eau à mains nues.

« Habituellement, il y a tout le temps du monde qui passe près du lac. Là, il n’y avait pas un chat, ajoute la survivante. J’ai eu peur. Je me disais “ce n’est pas comme ça que je vais finir”. »

GEN - CLAUDIA ET SES DEUX FILLES MARIELLE ET LYAM
PHOTO MARTIN ALARIE

Prévention et prudence

Sylvain Gariépy, spécialiste en sauvetage nautique, rappelle qu’il ne faut jamais s’aventurer sur une étendue d’eau qui n’a pas été sécurisée.

« Les hivers ne sont plus aussi froids qu’ils l’étaient. Il faut être vigilant. Il ne faut jamais présumer que la glace est solide », indique-t-il.

L’eau froide est extrêmement dangereuse car elle provoque un choc hypothermique qui peut mener à une perte de conscience. Lorsqu’une personne tombe dans l’eau, elle a une minute pour reprendre ses esprits et son souffle, entre 3 et 10 minutes de force pour s’extirper elle-même, et tout au plus une heure dans l’eau froide avant de mourir d’hypothermie, selon M. Gariépy. 

« La première des choses à faire, c’est de garder contact avec la victime et d’appeler le 911. Si on est capable, sans s’exposer, on peut lancer ou tendre quelque chose à la personne pour au moins la stabiliser. Il ne faut surtout pas s’aventurer sur la glace quand quelqu’un est passé au travers », précise-t-il.

Heureusement, l’histoire s’est bien terminée pour la petite famille recomposée.

« Il faut toujours être prudent. Ça arrive au moment où on s’y attend le moins », souligne Marielle. « Et il ne faut jamais y aller tout seul », conclut la maman, fière de ses deux héros.