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La Santé publique a le dos large

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo pool Paul Chiasson, La Presse Canadienne Le premier ministre du Québec, François Legault

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Gérer une pandémie, c’est tout un défi pour un gouvernement. Personne n’aurait pu deviner, il y a un an, que le fameux virus causerait encore autant de problèmes cette année et nous jouerait de vilains tours avec ses variants.

Il faut donc s’adapter rapidement et, sur ce point, je suis totalement d’accord avec le premier ministre. Là où je décroche, c’est quand François Legault tente de faire porter le blâme à la Santé publique, comme s’il n’était qu’un exécutant.

En tout respect, M. le premier ministre, quand on dirige un gouvernement, on doit assumer nos responsabilités, même si nos décisions risquent de déplaire à une partie de la population. 

La Santé publique recommande et c’est vous qui décidez. 

Afin de vous défendre d’avoir joué au yoyo avec les mesures sanitaires, pourquoi avoir mentionné hier, en pleine conférence de presse, que vous ne pouviez pas dire «non, non, non» à la Santé publique qui vous recommandait de rouvrir les écoles à temps plein, malgré une montée inquiétante des variants?

C’est faux et vous le savez, personne ne vous forçait à dire «oui, oui, oui».

Vous ne pouvez pas vous vanter d’avoir heureusement été plus prudent que la Santé publique pendant la période des Fêtes en faisant fi de ses recommandations et, quelques semaines plus tard, mentionner que ce n’est pas possible.

M. le premier ministre, je ne suis pas en train de vous blâmer d’avoir hésité avant de changer d’idée, je sais que ce n’est pas simple. D’ailleurs, il n’y a pas un seul chroniqueur ou analyste politique qui puisse se vanter de ne s’être jamais trompé depuis le début de cette pandémie, y compris moi.

Pour avoir été ministre déléguée dans l’ancien gouvernement, je sais que c’est beaucoup plus facile de critiquer que d’agir, vous devez vous en rendre compte depuis que vous êtes au pouvoir, vous qui preniez tant plaisir à critiquer avec beaucoup de virulence.

En fait, il y a surtout un élément que j’ai retenu, hier, lors de votre conférence de presse. C’est votre manque de courage, un reproche que vous étiez prompt à faire lorsque vous étiez chef de la deuxième opposition.

Ce n’était pas impressionnant de vous voir camoufler votre manque de courage en tentant de faire porter le blâme à la Santé publique. 

Même s’il est important d’écouter les recommandations de la Santé publique, n’oubliez pas qu’en fin de compte, comme premier ministre, c’est toujours vous qui prenez les décisions.