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Loto-Québec se dit impuissante face au crime organisé

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Loto-Québec affirme ne pas avoir le pouvoir de refuser l’accès à un individu dans ses casinos ou salons de jeux du Québec, et ce, même si cette personne est soupçonnée d’avoir des liens avec le crime organisé.

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Mardi, la présidente et cheffe de la direction de Loto-Québec, Lynne Roiter, était la conférencière invitée au Cercle canadien de Montréal. 

Celle qui prendra sa retraite au mois de mai est revenue durant cet événement sur les révélations de notre Bureau d’enquête, à l’automne dernier, concernant des activités du crime organisé au Casino de Montréal. 

Après ces reportages, le ministre des Finances, Eric Girard, avait commandé un audit spécial externe sur le blanchiment d’argent dans les casinos.

Mardi, Mme Roiter a réitéré être «énormément préoccupée» par cet enjeu.  

«On sait que les casinos sont parmi les industries [...] qui peuvent être ciblées par le monde interlope. On se doit de prendre les moyens», a-t-elle souligné. «Il faut aussi reconnaître qu’à Loto-Québec, nous n’avons pas le pouvoir à l’heure actuelle de refuser l’accès à un individu», a-t-elle ajouté.

Loto-Québec limite pourtant déjà l’accès dans ses établissements à certains joueurs, notamment ceux inscrits au programme d’autoexclusion et à certaines personnes n’ayant pas respecté les règlements. 

Mme Roiter a assuré que son organisation collaborait «de façon très étroite» avec les corps policiers dans le cadre d’enquêtes sur le blanchiment d’argent, notamment en fournissant des informations sur des joueurs. 

Selon la grande patronne, la lutte contre le blanchiment d’argent est un « défi constant », puisque les technologies et les stratagèmes évoluent. Loto-Québec travaille d’ailleurs, en ce moment, à regrouper les informations sur ses joueurs dans une même base de données pour l’ensemble de ses casinos. 

«On se doit de déclarer toute transaction de plus de 10 000 $ qui aurait été faite à l’intérieur d’une période de 24 heures. [...] Dans le temps, c’était fait par établissement, individuellement, parce que nous n’avions pas les moyens informatiques», a expliqué Mme Roiter.

«Maintenant, on travaille justement pour être en mesure de réunir tous nos établissements de jeu et notre jeu en ligne pour être capable de faire un suivi du joueur durant 24 heures», a-t-elle poursuivi.

Plus de publicités

La présidente a aussi défendu la multiplication des publicités par Loto-Québec, ces derniers mois, afin d’inciter les gens à jouer en ligne. Rappelons que tous les établissements de la société d’État sont actuellement fermés. 

«Ce que nous avons vu pendant la pandémie, c’est que les opérateurs de sites illégaux non autorisés ont vraiment pris une position très agressive dans les médias. [...] On s’est dit qu’il faut que les gens soient conscients [...] que nous offrons aussi du jeu en ligne», a-t-elle répondu.

C’est près d’un milliard de dollars de moins que Loto-Québec versera au gouvernement pour l’exercice 2020-2021, par rapport à l’année précédente.

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