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Ces gros mots qui polluent nos ondes!

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Ma chronique de mardi sur l’apologie des sacres de Louise Latraverse et les gros mots qu’on entend sur nos ondes a fait beaucoup réagir.

Tous les courriels que j’ai reçus, sans aucune exception, s’indignent que ni les diffuseurs ni les artistes ni les auteurs ne semblent conscients d’exercer une influence déterminante sur la langue que nous parlons tous les jours. Même les lecteurs de nouvelles, me fait-on remarquer, ne savent plus faire les liaisons. Ils les taisent de crainte de se tromper. En français, les liaisons sont soit obligatoires, soit recommandées, soit à proscrire, selon les cas. Mais de nos jours, c’est beaucoup demandé, semble-t-il.

L’un de mes lecteurs montréalais s’est livré à un petit exercice amusant. Pendant quelques jours, il a suivi attentivement quelques émissions de 16 séries québécoises différentes. Il a noté les mots qu’on y répète de manière constante. Mais sans compter les sacres, dit-il avec humour, pour ne pas alourdir sa tâche !

UN ÉCHANTILLON ÉDIFIANT

Voici le résultat de son échantillon : « anyway, au boutte, boss, break, business, come on, cool, cash, char, chu bon, good deal, feeling, gang, goal, guess, track, game, hot, icitte, joke, job, let’s go, luck, fuck, le fun, moppe, man, moé, m’a-t’dire, move, ousqu’on, partner, patch, kisse qui fait ça, que cé ça, quesse tu dis, rush, shop, shoot, so what, scrap, speech, show, luck, shape, tchéquer, chum, thrill, toune, trip, toffer, top shape, t’sé, chiller, that’s it, funny, sus la mappe, puncher, fight, puck, goal, bike, speed, dope, gun, ticket, runner, shapé, shot, drink, balloune... »

J’imagine qu’avec cette litanie des mots qu’on entend couramment dans nos films, dans nos séries et à la radio, un rappeur pourrait écrire tout un numéro. Je fais donc appel à Fouki, Loud, Biz ou Samian pour que l’un d’eux puisse avec ces mots composer un rap qui rappellera à nos auteurs, comédiens et chanteurs qu’ils doivent s’amender s’ils ne veulent pas que nous soyons les seuls à comprendre la langue qu’ils emploient.

PEIGNER LE FEU, QUE DU BONHEUR ! 

Si la plupart des séries québécoises sont excellentes malgré la langue qu’elles propagent, il existe, cachées sur des chaînes qu’on regarde peu ou enfouies au plus creux de la jungle du web, des perles qu’on découvre avec autant de surprise que de plaisir.

C’est au hasard d’une conversation téléphonique qu’Isabelle Maréchal m’a mis sur la piste d’une délicieuse série d’animation qu’Iprod, sa petite société, vient de produire pour TV5 et UNIS TV. Tout préado doit voir Peigner le feu. Tout adulte aussi, ne serait-ce que pour revivre les rêves et les folles inquiétudes de son adolescence.

À partir des dessins magiques de Mathieu Potvin, Peigner le feu, le petit recueil de poèmes de Jean-Christophe Réhel (La courte échelle), prend vie et s’illumine de couleurs vibrantes. Antoine Marchand-Gagnon prête une voix hésitante mais crédible aux réflexions que se fait ce garçon à la coiffure orange et au nez rouge feu. « Cet enfant martien qui souhaite seulement avoir sa note de passage », dit-il dans l’une des capsules. Comme doivent s’en inquiéter aussi les milliers de jeunes Québécois à demi privés de cours depuis le début de la pandémie.

Lecteurs qui n’avez pas oublié les malaises et les interrogations de votre adolescence, qui rêvez encore devenus adultes, ne manquez pas Peigner le feu sur UNIS TV ou prenez 30 minutes pour le voir sur le web