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Une digne retraite après les calèches

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Hier, j’étais heureux d’avoir des nouvelles de Rusty, un costaud cheval de trait belge que j’aimais à aller flatter lors de mes visites dans le Vieux-Montréal à l’époque pas si lointaine des calèches. En voyant la photo dans Le Journal, je l’ai reconnu aussitôt.

Ma collègue Clara Loiseau nous apprenait hier que Rusty est devenu un animal de zoothérapie qui réconforte, notamment, les locataires de résidences du troisième âge qui ont échappé au virus, mais pas à l’ennui.

À l’époque où Denis Coderre voulait bannir les calèches, Rusty avait eu droit à un prolongement de carrière à la suite d’une injonction du tribunal. À la blague, je lui avais chuchoté à l’oreille : « Ta contestation contre Coderre a fonctionné ! Tu ne prends pas ta retraite tout de suite, mon beau ! » Depuis l’interdiction des calèches en janvier 2020, je redoutais le pire pour ma vieille connaissance : la piqûre ou l’étal du boucher.

Retraite

Rusty et cinq de ses collègues équidés, qui jadis gravitaient autour de la place d’Armes à Montréal, ont ainsi trouvé une nouvelle maison à Vaudreuil-Dorion, en Montérégie, dans les écuries du refuge A Horse Tale, auquel je lève mon chapeau (même si je sourcille devant ce nom à l’heure de la valorisation de la loi 101...).

Non seulement Rusty fait le bonheur de nombreuses personnes âgées qui le couvrent de caresses, mais lui et les siens reçoivent aussi les soins de plus de 300 bénévoles au refuge... Vous avez bien lu : plus de 300 bénévoles !

Réjouissant

Dans notre Québec où le bien-être animal est loin d’être aussi prioritaire qu’ailleurs au Canada, ça fait du bien de savoir que ces chevaux qui ont tant travaillé ont droit à une vraie retraite. 

Saurons-nous nous occuper aussi bien des milliers de chiens et de chats que des confinés esseulés se sont procurés et qu’ils abandonneront dès que le vaccin aura fait son œuvre et rétablit une certaine normalité ? Je le souhaite, mais j’en doute...