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10 ans après la vague orange, un NPD anti-Québec?

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Photo d'archives, Ben Pelosse Les positions centralisatrices et anti-Québec du NPD doivent faire réfléchir Alexandre Boulerice.

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Il y a exactement 10 ans, Jack Layton commençait à secouer les colonnes du temple au Québec. Avril 2011, le NPD et son chef touchent les électeurs et gagnent des appuis d’un bout à l’autre du Québec. 

Le 2 mai, la vague orange déferle, emportant tout sur son passage incluant le Bloc québécois. À Montréal, à Québec ou dans les régions, le NPD pouvait se prétendre la voix principale des Québécois.

Ce parti n’avait pas d’historique au Québec. Mais dans les années précédant cette élection, le NPD avait adopté la célèbre Déclaration de Sherbrooke. Il s’y trouvait le fondement d’un respect de la réalité politique et culturelle distincte du Québec.

Une décennie plus tard, quel contraste ! Le même parti semble avoir tout simplement fait une croix sur le Québec. Au-delà du caractère farfelu d’un grand nombre de propositions débattues cette fin de semaine à son congrès, on ne peut rester indifférent devant la tendance du parti à la centralisation de tous les pouvoirs.

Le chef Jagmeet Singh

Ce n’est pas leur chef qui va les retenir. Jagmeet Singh a expédié cette semaine une lettre au premier ministre Trudeau pour lui demander plus de leadership face à la montée des cas de COVID partout au Canada. (Je ne m’attarderai pas sur le fait que la lettre sonne comme la liste de suggestions au premier ministre d’un élève de secondaire 5.) 

Je relèverai plutôt la suggestion la plus absurde : il propose que le fédéral ne transmette plus toutes les doses de vaccins aux provinces, mais s’en garde une portion. Pour faire quoi ? Pour ouvrir des cliniques fédérales qui iraient dédoubler le travail déjà difficile à planifier des provinces.

Inutile ? Contre-productif ? Je vais arrêter dans l’escalade des qualificatifs. Mais certainement la proposition de quelqu’un qui n’a aucun respect pour les compétences du Québec.

Anti-Québec

Les militants néo-démocrates ont in extremis mis de côté une résolution pour lancer une offensive contre la loi 21 du Québec sur la laïcité. Ceux qui la défendaient n’hésitent pas à utiliser un langage anti-Québec et à décrier les pouvoirs de l’Assemblée nationale. Le chef ne les a pas corrigés.

Il a aussi passé l’éponge sur les prises de position de son député ontarien qui faisait siens les pires propos de salissage du Québec du tristement célèbre professeur Attaran. Sans même demander d’excuses. L’impression qui s’en dégage, c’est que l’école Attaran n’est peut-être pas si loin de l’opinion de Singh sur le Québec.

J’ai une pensée pour Alexandre Boulerice. Seul survivant de la vague orange, il a courageusement tenu le fort pour le NPD au Québec depuis deux ans. C’est un homme intelligent et qui a défendu le Québec à sa manière, avec les contraintes de son parti. Tout à fait normal pour un politicien fédéral.

Récemment, il est moins disponible pour des entrevues. Parce que les positions de son parti sont devenues indéfendables ? M. Boulerice aura des choix à faire. Je le respecte trop pour lui souhaiter de devenir le grelot québécois d’un parti anti-Québec.