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Chasser le dindon avec un couvre-feu

dindons
Photo courtoisie Reconnu comme l’un des plus grands experts dans le domaine de la chasse au dindon, Mario Huot d’Aventures Express a décidé d’offrir une formation en ligne où il vous partage tous ses trucs qu’il a développés au cours de ses 30 ans d’expérience dans le domaine. Il a chassé dans cinq États américains et deux provinces canadiennes. Il sera question d’appel, d’appeaux, de stratégie de chasse, de camouflage et plus. Pour vous inscrire : https://youtube/bkwvXG7FvCg.

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À moins d’un changement dans la stratégie gouvernementale en ce qui a trait au couvre-feu, les amateurs de chasse au dindon sauvage vont avoir la vie plus compliquée ce printemps.

Le 30 avril prochain, des milliers de chasseurs voudront tenter leur chance. Non seulement ils devront respecter la consigne de la Santé publique qui suggère fortement de ne pas circuler entre les régions mais en plus, ils auront une mesure qui leur rendra la vie difficile : le couvre-feu.

Selon les données fournies par la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs : « Une arrivée tardive sur le site de chasse peut compromettre directement le succès de chasse. Il est primordial de se déplacer et de s’installer avant le lever du soleil. L’heure idéale de positionnement recommandée est 4 h 30. » C’est là que le bât blesse, comment se retrouver installé sur un site de chasse à cette heure, alors que le couvre-feu tient jusqu’à 5 h. Seuls les déplacements essentiels sont permis avant cette heure.

La situation sera la même pour les chasseurs d’oies blanches. Toujours selon la FédéCP : « Afin de réussir la chasse de l’oie, il est primordial de se déplacer et de s’installer avant le lever du soleil. Comme de nombreux appelants sont nécessaires, il faut compter quelques heures d’installation et de préparation sur le site. »

ESSENTIELLES OU PAS

Selon la FédéCP, la chasse au dindon sauvage et celle à l’oie blanche sont essentielles.

« Nous croyons que dans le cas du dindon et de l’oie blanche, il s’agit de récoltes de conservation, pour limiter les dommages faits par les deux espèces sur les terres agricoles, d’expliquer le directeur général de la Fédération, monsieur Alain Cossette. Dans cet esprit, nous avons contacté différents ministères pour expliquer notre position, dont celui de la Sécurité publique qui doit sensibiliser les policiers. Toutefois, après toutes ces démarches, nous ne serons pas responsables si jamais une personne se voyait remettre un billet d’infraction. Nous avons mis à la disposition des chasseurs des documents, dont un projet d’entente avec un propriétaire terrien qui déclare qu’il a besoin de se faire récolter les oies et les dindons afin de limiter les dommages chez lui. Je le répète, c’est une chasse de conservation pour empêcher les populations de devenir trop importantes, ce qui entraînerait une destruction des habitats et beaucoup de dommages dans les milieux agricoles. »

Les dires de monsieur Cossette sont appuyés avec des articles inclus dans le plan de gestion de l’oie des neiges d’Environnement Canada et dans le plan de gestion du dindon sauvage du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Ils apparaissent dans les documents produits par la Fédération.

Vous pouvez récupérer les documents produits par la fédération en vous rendant sur le site de l’organisation au : www.fedecp.com, sous l’onglet Actualités.

Le Journal a fait une vérification auprès de la Sûreté du Québec. On nous a répondu que les policiers étaient là pour appliquer les décrets et que seuls les déplacements essentiels étaient permis en dehors des heures du couvre-feu. Cela signifie donc que même si vous faites toutes les démarches possibles, vous demeurez les seuls responsables de vos déplacements.

LE DINDON AU RENDEZ-VOUS

Malgré les embûches qui vont se présenter aux chasseurs, mentionnons qu’ils peuvent au moins se réjouir d’une chose, le dindon sera au rendez-vous.

« Je crois que les chasseurs peuvent compter sur une bonne saison parce que les dindons sont bien présents sur le territoire, d’expliquer le biologiste responsable du dossier au MFFP, monsieur François Lebel. Nous sommes bien au fait de la population de dindons parce qu’entre 2010 et 2014, nous avons suivi des spécimens équipés d’antennes émettrices. Nous en sommes venus à la conclusion que le taux de survie, tout comme le chevreuil, est impacté par des hivers rigoureux. Avec l’hiver que nous venons de vivre, ils n’ont pas eu de problème. Aussi, nous avons connu un printemps qui a offert les meilleures conditions possible à l’espèce. »

Dans les zones où la population est plus abondante, dans le Centre-du-Québec, en Estrie et en Outaouais par exemple, la période de chasse sera plus longue. Pour les zones 4 à 10, elle débutera le 30 avril pour se terminer le 24 mai. Là, il sera possible de récolter deux dindons. Cela représente 25 demi-journées de chasse. Pour les autres zones où la chasse est permise, la saison sera du 30 avril au 11 mai, soit 12 demi-journées.

L’an dernier, 17 689 chasseurs se sont procuré un permis. Ils ont récolté 8600 dindons. « C’est un taux de succès de l’ordre de 36 %, un résultat très intéressant si on se compare aux autres endroits qui offrent cette chasse en Amérique. »

Mentionnons qu’il y aura toujours une saison de chasse à l’automne. En 2020, 4000 chasseurs ont récolté 900 dindons.

Avant de terminer, l’expert avait ceci à déclarer concernant les mesures en place pour la pandémie.

« Nous demandons aux chasseurs de respecter à la lettre les mesures mises de l’avant dans le cadre de la pandémie que nous vivons. Au moment où je vous parle, elles sont ce qu’elles sont. Il se peut que cela change aussi d’ici à l’ouverture de la chasse. J’invite les chasseurs à se tenir informés en tout temps. »