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De l’Afrique au Québec: un réfugié devient étudiant au cégep de Lévis

Sur la présente photo prise le 25 mars 2021: on voit N. (nom fictif) de dos au centre, devant le Cégep de Lévis, accompagné de deux étudiantes du comité local du Programme d'étudiants réfugiés.
Photo Agence QMI, Julien Garon-Carrier Sur la présente photo prise le 25 mars 2021: on voit N. (nom fictif) de dos au centre, devant le Cégep de Lévis, accompagné de deux étudiantes du comité local du Programme d'étudiants réfugiés.

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Après un retard de cinq mois dû à la pandémie, un étudiant réfugié originaire de la République démocratique du Congo, qui fuyait les conflits armés, a finalement été accueilli au cégep de Lévis où il poursuit ses études et son acclimatation à la réalité québécoise.

«On anticipait sa venue au mois d’août 2020, mais il est plutôt arrivé en janvier dernier», a confié Marie-Claire Voyer-Messier, une professeure responsable du comité local du Programme d’étudiants réfugiés (PER), précisant que la fermeture des frontières imputable à la pandémie avait ralenti tout le processus.

Depuis son arrivée, N., dont on ne diffusera pas le nom afin de protéger son identité, s’adapte tant bien que mal à sa nouvelle réalité, lui qui est passé du jour au lendemain du statut de réfugié en Ouganda pour échapper aux violences du Congo, à celui de cégépien immergé au sein de la culture québécoise et confronté à la rigueur de l’hiver.

Une adaptation de tous les instants

L’hiver et le froid ont définitivement marqué le nouvel arrivant. En entrevue avec l’Agence QMI, le mois dernier, à trois reprises N. a signifié que l’adaptation au climat était «trop difficile».

Mais, au-delà des facteurs météorologiques, le choc culturel est aussi réel. «La façon de vivre avec les gens, de s’adresser à eux, le respect voué aux personnes plus âgées, tout diffère. C’est un gros changement sur le plan mental», a-t-il confié lorsque rencontré au cégep.

Malgré les difficultés inhérentes à l’immigration, N. s’avère des plus reconnaissant. «La vie m’a donné une seconde chance pour réaliser mes rêves. C’est vraiment quelque chose de grand. C’est une porte qui s’ouvre à moi», a déclaré sans hésiter le Congolais de 25 ans, souhaitant tourner la page sur sa vie en Afrique, une période qu'il ne désirait d'ailleurs pas aborder en entrevue.

Dans les camps de réfugiés africains, plusieurs centaines de candidats convoitaient, comme lui, une place dans un pays d’accueil afin d’y faire des études, mais très peu, soit les plus méritants sur le plan académique, ont traversé le processus de sélection avec succès.

N. étudie dans un programme de mise à niveau à l'heure actuelle, mais devrait prochainement intégrer celui de soins infirmiers.

Un comité local dévoué

Derrière la possibilité d’accueillir N., il y a tout le travail d’une communauté cégépienne animée par cette cause. Certains employés du cégep de Lévis offrent même qu’un montant soit prélevé sur leur paye pour financer la venue annuelle d’un étudiant réfugié. N. est le troisième candidat depuis l’instauration du programme au cégep de Lévis, en 2018.

Pour Rosalie Gendron et Catherine Villeneuve, deux étudiantes impliquées dans le PER, œuvrer au sein du comité leur a respectivement permis de vaincre «un sentiment d’impuissance» face à la situation mondiale et de «participer» à l’intégration de N., notamment par la conception d’une chaîne YouTube pour lui montrer la vie au Québec avant son arrivée.