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Elle avait loué une arme pour se protéger avant d’être tuée

Craignant pour sa vie, la femme avait appelé le 911 deux jours avant son meurtre

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Photo tirée d'Instagram et d'archives, Agence QMI Le corps de Marly Edouard (en mortaise) a été découvert dans le stationnement d’un immeuble de condos, à Laval, le 21 février.

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La jeune femme abattue à Laval en février, deux jours seulement après avoir contacté la police, avait tellement peur pour sa vie qu’elle aurait payé 800 $ pour louer une arme de poing afin de se protéger.

Le 19 février, Marly Edouard a composé le 911, disant avoir reçu des menaces de mort. Pour une raison que l’on ignore, aucune plainte n’aurait été retenue.

Deux jours plus tard, la femme de 32 ans a été retrouvée morte dans le stationnement de son immeuble de condos. Une arme de poing a été retrouvée près d’elle. Les policiers ont d’abord pensé à un suicide, mais ont rapidement conclu à un meurtre. Cette arme, Marly Edouard l’aurait empruntée à une connaissance en échange de 800 $, a-t-on appris lors d’une cause de violence conjugale entendue récemment au palais de justice de Montréal. 

Albano Pierre fait face à plusieurs accusations en matière de violence conjugale, notamment d’avoir déchargé une arme à feu en direction de sa conjointe pour l’inciter à se faire avorter. L’homme de 31 ans est aussi accusé d’avoir cédé cette arme de poing à utilisation restreinte, sans permis.

Entente de prêt

En effet, sept jours avant d’être assassinée, Marly Edouard aurait contacté Pierre, disant craindre pour sa vie. Elle aurait proposé de lui louer son arme pour se protéger.

« L’entente était qu’il allait la prêter pour 800 $ », a résumé récemment la juge Louise Provost dans son jugement ordonnant la détention d’Albano Pierre d’ici son procès pour violence conjugale. 

Souhaitant récupérer son arme, Pierre se serait rendu chez Marly Edouard le 22 février. Il aurait alors appris qu’elle avait été victime de meurtre. 

Les policiers n’ont pu comprendre qu’en mars d’où provenait l’arme retrouvée près du corps de la victime, après que la conjointe d’Albano Pierre eut porté plainte pour violence conjugale. Cette dernière leur aurait en effet remis des images de l’arme avec laquelle il l’aurait menacée. 

« Des caractéristiques identiques » sur le revolver 922 de marque H&R permettraient de croire qu’il s’agit de la même arme, selon une analyse balistique.

Un lien avec le décès

« Bien que [Pierre] ne soit aucunement accusé du meurtre survenu le 21 février 2021, il apparaît vraisemblable que l’arme, qu’il aurait cédée à une connaissance peu de temps avant qu’elle ne décède, ait un lien avec son décès », a dit la juge, dénonçant par le fait même la prolifération des armes à feu à Montréal. 

Par ailleurs, des experts s’inquiètent qu’une femme craignant pour sa vie ait pris un moyen aussi radical pour se protéger. 

« Ce n’est pas une bonne idée de se procurer une arme, cela peut être très dangereux », insiste le policier à la retraite André Gélinas. 

« Ce n’est pas nouveau que des femmes doivent prendre des précautions pour se protéger, mais il y a d’autres solutions », dit Manon Monastesse, de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes.


♦ Aucun suspect n’a été arrêté relativement à ce meurtre. Le Bureau des enquêtes indépendantes devra déterminer si les appels de détresse de la victime avant sa mort ont été pris suffisamment au sérieux.

Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010 / consultez le https://sosviolenceconjugale.ca/fr