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Établissements ouverts et personnel non vacciné: cri du cœur dans les écoles spécialisées

Leurs établissements ne sont pas fermés et ils ne sont pas vaccinés

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Alors que la troisième vague frappe de plein fouet la région de Québec, des membres du personnel d’écoles spécialisées qui demeurent ouvertes malgré les mesures d’urgence lancent un cri du cœur. Ils sont au front chaque jour sans vaccin, confrontés à des élèves en crise ou en grande difficulté qui ne portent pas de masque.

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« On se sent carrément oubliés et méprisés, c’est le désarroi. Si vous ne voulez pas nous fermer, vaccinez-nous », lance un membre du personnel d’une école spécialisée de Québec, qui a requis l’anonymat par crainte de représailles.

« On tient à bout de bras ces jeunes-là pendant que les autres écoles ferment parce que c’est trop dangereux », déplore-t-il, en soulignant que ses collègues et lui changent des couches et alimentent des élèves lourdement handicapés.

Une autre enseignante « épuisée et désespérée », doit travailler auprès d’élèves autistes qui ne tolèrent pas l’équipement de protection, si bien que des intervenants se font parfois enlever leur masque et visière, raconte-t-elle.

Dans certaines écoles, les morsures et coups sont fréquents, ajoute Daniel Gauthier, président du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec. 

Écoles ouvertes

Les écoles de Québec, Lévis, Gatineau et la Beauce sont fermées jusqu’au 18 avril, mais les écoles spécialisées doivent demeurer ouvertes.

« Ce sont des enfants qui nécessitent des routines très spécifiques et qui peuvent rapidement perdre leurs acquis », indique-t-on au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Ces établissements accueillent des élèves handicapés, autistes ou ayant de grandes difficultés. On en compte moins d’une dizaine à Québec.

Une cinquantaine de leurs employés ont récemment écrit à la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, réclamant la vaccination en priorité.

La présidente du Syndicat du personnel de soutien des Découvreurs, Isabelle Larouche, a aussi fait parvenir hier une lettre au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, et au premier ministre François Legault. « Il faut choisir : vacciner ou fermer », écrit-elle.

À Québec, des employés de ces écoles se sont fait dire mardi par la Santé publique qu’ils seraient placés sur une liste d’attente et appelés si des vaccins étaient disponibles en fin de journée, ce qui ne s’est pas encore produit, rapporte Mme Larouche.

Travailleurs essentiels

En réponse à nos questions, la direction de santé publique de la Capitale-Nationale nous a adressés au ministère de la Santé, tout comme le ministère de l’Éducation.

Le ministère de la Santé s’est quant à lui contenté de réitérer les règles déjà annoncées.

Le personnel scolaire fait partie des travailleurs essentiels qui pourront se faire vacciner avant le reste de la population âgée de moins de 60 ans, mais à l’exception de Montréal, cette opération n’a pas encore débuté. Aucune date n’est fixée.

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