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Troisième vague de la pandémie: les raisons de la colère

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Après plus d’une année d’efforts, nous rêvions d’un doux printemps, de rencontres dans les parcs, d’une trêve de mesures sanitaires... Mais la troisième vague de la COVID-19 a commencé au moment où nous avions tous tellement besoin d’une pause. En plus de l’augmentation d’événements tragiques rapportés dans les médias, la colère et l’intolérance qui se sont manifestées dans les réseaux sociaux pourraient aussi être parmi les symptômes du désarroi ressenti par plusieurs.

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Après des mois d’adaptation, de confinement et l’arrêt de nos activités habituelles, les chiffres ne trompent pas : les demandes d’aide psychologique ont explosé et les cabinets des psychologues sont saturés. 

Parmi les symptômes rapportés en lien avec le contexte actuel et qui ont été documentés, mentionnons notamment l’anxiété des enfants et des parents par rapport à l’école, la fatigue du télétravail, l’épuisement des jeunes qui ne peuvent plus voir leurs amis et les deuils très difficiles auxquels ont dû faire face de trop nombreux Québécois. 

C’est sans compter la difficulté d’accéder à certains soins de santé, les troubles de sommeil, ou encore les problèmes de concentration, pour ne nommer que quelques exemples. 

Combinés à la fatigue psychologique liée aux nombreux efforts d’adaptation mis de l’avant depuis le début de cette crise, ces symptômes ont fait de la patience une denrée de plus en plus rare pour plusieurs d’entre nous. Cette impatience peut alors, à son tour, provoquer des ravages au sein des milieux de travail, des amitiés, des familles et des couples...

Un trop-plein qui se déverse aussi dans les médias sociaux

En temps normal, ne serait-ce que par leur caractère impersonnel, les utilisateurs des médias sociaux montrent généralement moins d’empathie envers les autres et se soucient peu de l’impact de leurs commentaires sur les autres.

Dans le contexte actuel, la grande colère que l’on observe sur ces plateformes est aussi le baromètre et la manifestation d’un mal-être. 

Autre phénomène à ne pas sous-estimer : cette rage rend encore moins sensible à la douleur des autres. 

Ainsi, non seulement les personnalités publiques, mais aussi tous les utilisateurs des médias sociaux risquent de devenir une sorte de réceptacle à ce trop-plein de fatigue, d’anxiété et de tensions accumulées depuis le début de cette pandémie.

Les politiciens qui défendent certains principes et prennent des décisions importantes s’attendent à se faire critiquer et juger par la population. Les citoyens peuvent remettre en question certains de leurs paroles et de leurs actes. 

Mais les menaces, le dénigrement et l’absence de nuances n’ont rien à voir avec cet exercice. 

Loin de moi l’idée de défendre l’extrême rectitude politique, mais il faut nous rappeler que chacun a une responsabilité individuelle et collective de ne pas s’en prendre à l’autre.

La colère, à la fois alliée et ennemie 

Bien qu’elle ait mauvaise presse, la colère a ses vertus. 

Ce mécanisme permet en effet de nous défendre et de réagir face des situations qui nous minent ou qui nous font souffrir. 

Lorsqu’une colère n’est pas exprimée, elle peut se transformer en tristesse, être somatisée (développer des maux physiques)... ou encore mener à une explosion. Salutaire lorsqu’elle est bien canalisée et utilisée à bon escient, elle doit s’exprimer avec doigté lorsqu’elle se déploie dans l’espace public.

Car si la colère est plus souvent qu’autrement temporaire, les gestes et les écrits qui en découlent restent, et peuvent blesser et marquer l’autre pour très longtemps. En déversant notre colère sur autrui, on la déplace, mais par le fait même, on néglige aussi de se demander pourquoi on l’a ressentie. On se prive aussi de se questionner sur les autres avenues ou options qui nous permettraient de nous apaiser... sans heurter les autres. 

L’urgence de prendre soin de nous 

Si le fait d’écrire sa colère peut être thérapeutique, le fait de la balancer sur l’autre fait en sorte qu’on ne contrôle plus les répercussions et les graves dommages qu’elle risque d’entraîner sur son passage. 

Est-ce véritablement apaisant d’insulter autrui, ou est-ce que le simple fait d’écrire sa frustration aurait les mêmes bienfaits ? 

Il est possible de mettre sur papier sa frustration sans la déverser sur les autres sous le coup de l’émotion, ne serait-ce qu’en l’écrivant sur une simple feuille de papier. 

Le climat actuel vient nous rappeler qu’il ne faut pas perdre de vue l’importance de s’octroyer des moments de paix et de retraits dans notre bulle afin de préserver son équilibre et de recharger ses batteries. 

En cette période difficile, essayons de prendre soin de soi, ce qui nous permettra de mieux gérer nos émotions... et d’être plus sensibles et à l’écoute des autres. 

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