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Sports extérieurs: pas facile avec un masque

Les nouvelles mesures en place soulèvent des questionnements dans le monde du sport amateur

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Exigeant à la base, l’entraînement de jeudi a poussé les participants masqués au bout de leurs ressources.

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Les nouvelles mesures s’appliquant aux sports extérieurs, annoncées mercredi par le gouvernement du Québec, ajoutent une couche de complexité à leur pratique et ne font pas l’affaire de tous, a constaté Le Journal.

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Rappelons que le premier ministre François Legault a annoncé que le masque ou couvre-visage serait obligatoire en zones orange et rouges lors de toute activité extérieure en groupes de huit personnes ou moins en zone rouge, et douze ou moins en zone orange. Tout ça, « sauf si elles sont assises à deux mètres de distance ». Les jeunes de 10 ans et moins n’ont pas à se soumettre à cette nouvelle règle qui s’applique également aux gens qui voudraient aller prendre une marche avec des connaissances d’une autre bulle familiale. D’ailleurs, une surveillance policière est à prévoir ce week-end pour s’assurer du respect des mesures.

Avec cette annonce, le gouvernement a non seulement créé une petite onde de choc autant chez les sportifs amateurs que dans les différentes fédérations, mais surtout elle a laissé tout le monde dans un certain flou.

« On a été pris par surprise avec cette annonce, mais on n’a pas le choix de se plier à cette consigne. Ça ne fait pas notre affaire, mais on aime mieux les jeunes dehors qu’à l’intérieur à ne rien faire. On se croise les doigts, que ça soit une mesure temporaire et qu’elle soit levée lorsque les matchs vont commencer au début du mois de juin », mentionnait le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche.

« Ça ajoute une couche à toutes les autres mesures qui doivent être mises en place. On n’a pas encore les consignes de la Santé publique de façon officielle, mais on se prépare à cette demande », renchérissait quant à lui le directeur général de Soccer Québec, Mathieu Chamberland.

MIEUX QUE RIEN

Le Journal a pu constater qu’un petit groupe de sportifs amateurs respectait à la lettre les nouvelles mesures, jeudi soir, dans le stationnement d’une école primaire de Saint-Nicolas sur la Rive-Sud de Québec. Le défi était de taille : réaliser un entraînement de type crossfit tout en portant le couvre-visage. Le verdict : « entre ça ou rien, on va toujours prendre ça, peu importe ce qu’il faut faire », assure l’un des sportifs présents, Jean-Philippe Roy.

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Photo Stevens LeBlanc

Ce dernier est un habitué du port du masque lors de la pratique des sports. Directeur et entraîneur-chef du programme de sports-études des Canonniers de Québec, il a passé le dernier hiver à s’entraîner avec ses jeunes joueurs de baseball sous le dôme du Stade Canac, à Québec, en respectant les règles sanitaires, notamment le port du couvre-visage.

Mais jeudi soir, c’était une autre histoire. Le groupe avec qui il s’entraîne régulièrement à l’extérieur s’activait pour la première fois depuis l’annonce plus ou moins claire du gouvernement Legault, mercredi soir. Pour ne pas prendre de risques, tout le monde portait le couvre-visage.

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Photo Stevens LeBlanc

« C’était la première fois que je venais et je ne suis pas certaine que je vais revenir. C’est peut-être le masque que j’ai, mais j’avais du mal à respirer », a mentionné Maude Martel, qui portait un masque en tissu épais.

DÉSAGRÉABLE MAIS PRATIQUABLE

Roy, qui portait un masque de procédure, confirme les dires de sa partenaire d’entraînement : s’entraîner à haute intensité avec un couvre-visage est faisable, mais pas idéal. 

« Les adultes sont capables de gérer le masque. On sait quand il est temps de prendre une pause pour respirer. Au moins, les jeunes de 10 ans et moins n’ont pas à le faire et je trouve ça logique. J’aurais eu peur pour certains d’entre eux parce qu’ils ne savent pas autant quand s’arrêter que nous », mentionne-t-il.

MAUVAISE PRESSE

Chose certaine, il était important pour ces sportifs amateurs de continuer à s’entraîner malgré les contraintes. La fermeture des gyms les a quelque peu déçus, mais pas autant que la mauvaise presse qui entoure les salles de conditionnement physique en raison des manquements constatés au Mega Fitness Gym.

« On continue de faire du sport, surtout pour le volet santé mentale, assure une autre participante à l’entraînement de jeudi, Karine Turbide. On respecte les règles et on espère qu’on pourra continuer à le faire. Les gens qui fréquentent les gyms ont mauvaise presse en ce moment, mais je ne crois pas qu’il faut mettre tout le monde dans le même panier. Je suis un peu déçue de voir qu’une situation a brisé l’image des gyms au grand complet. »

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