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Port de Montréal: volume de marchandises en baisse

Le poids des conteneurs reçus au Port de Montréal aurait diminué de 11% en mars

Le Port de Montréal, à la mi-mars 2021. L’Administration portuaire de Montréal affirme que le conflit de travail opposant les débardeurs à leur employeur affecte les opérations du port.
Photo tirée de Facebook Le Port de Montréal, à la mi-mars 2021. L’Administration portuaire de Montréal affirme que le conflit de travail opposant les débardeurs à leur employeur affecte les opérations du port.

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Dans le bras de fer syndical qui oppose les débardeurs du Port de Montréal à leur employeur, de nouveaux chiffres obtenus par Le Journal indiquent qu’il y aurait une baisse d’achalandage au port. Ce que le syndicat conteste vertement. 

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Le poids des conteneurs qui circulent au Port de Montréal a chuté de 6 % pour les trois premiers mois de l’année, dont une baisse de 11 % en mars seulement, montrent les données. 

Le nombre de conteneurs, lui, est plutôt stable, mais ils sont plus fréquemment vides quand ils arrivent dans la métropole québécoise.  

Une situation que l’Administration portuaire de Montréal (APM) juge anormale. 

« Le contexte lié à l’incertitude dans les relations de travail n’est certainement pas étranger à cette situation », explique la directrice des communications, Mélanie Nadeau.

En gros, on comprend que du matériel qui aurait normalement dû arriver à Montréal est redirigé vers d’autres ports en raison du conflit qui oppose les débardeurs à l’Association des employeurs maritimes (AEM). 

« C’est n’importe quoi, tous les autres ports sont pleins. Le transport maritime explose présentement, il y a un volume exceptionnel de conteneurs qui se transigent dans le monde », répond le porte-parole du syndicat des débardeurs, Michel Murray. 

L’Administration portuaire aime bien blâmer les débardeurs pour « tout et n’importe quoi », continue M. Murray, « même pour la hausse du prix des asperges ». 

« Une chance que le canal de Suez a été bloqué, sinon ils nous auraient accusés d’être responsables des délais dans le transport maritime », illustre-t-il en faisant référence au récent incident impliquant le mastodonte des mers Ever Given. 

« Quand l’employeur coupe des oignons, le Port de Montréal pleure », conclut le porte-parole syndical. 

Menace de grève

Cette incertitude évoquée par l’Administration portuaire est liée à la menace de grève qui plane sur le port depuis la fin du mois de mars.

Le syndicat, dont la convention collective est échue depuis près de trois ans, a rejeté l’offre patronale à 99,7 % le 21 mars dernier. Ce vote sans équivoque a eu lieu à la fin d’une trêve de sept mois, survenue à la suite d’une grève de 22 jours à l’été 2020. 

Les négociations se poursuivent toujours, mais le syndicat a entre les mains un mandat de grève valide jusqu’au 15 avril.

Conteneurs redirigés ?

Selon Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), qui représente autant de petites que de grandes entreprises d’ici, des conteneurs sont bel et bien redirigés actuellement. 

« La baisse de volume au Port de Montréal confirme ce qu’on entend de la plupart de nos membres : depuis quelques semaines, ils redirigent leurs conteneurs vers d’autres ports, notamment Halifax », avance Véronique Proulx, PDG de l’organisme.

Les manufacturiers et les exportateurs qu’elle représente ne veulent pas revivre la situation de l’été dernier, quand leurs conteneurs ont été bloqués au port. « Il n’y a plus de trêve et on semble loin d’une entente », ajoute-t-elle pour expliquer la décision de rediriger les conteneurs. 

Tout cela « a un coût significatif sur les frais de transport des entreprises » et accentue l’urgence d’une entente. « Idéalement, ce serait une entente consensuelle, négociée, et durable, mais on demande au gouvernement qu’elle arrive plus tôt que tard », dit la grande patronne de MEQ. 

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