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Le Canada en Afrique: une réputation en jeu

Okavango delta river in north Namibia, Africa
Photo Adobe Stock Le delta de l’Okavango est l’un des écosystèmes les plus précieux d’Afrique.

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Quand une entreprise canadienne fait des conneries à l’étranger, c’est l’image du Canada qui en prend un coup. Le Québec, « province » canadienne, écope inévitablement par ricochet.

À voir aller certaines entreprises canadiennes sur le sol africain, à l’avantage ou au détriment du Canada, je me demande ce que le Québec attend pour affirmer davantage son propre leadership sur ce continent.

C’est à la lecture d’un article du Daily Maverick, un quotidien sud-africain que m’a fait parvenir mon ami Jay Naïdo (ancien ministre du gouvernement de Nelson Mandela) que j’ai pris connaissance du plus récent scandale écologique en Afrique.

Un écocide en perspective

À l’abri du vacarme de la pandémie du coronavirus, il se dessine un désastre scandaleux en Afrique australe, dans le delta de l’Okavango. On fore profondément dans le substrat rocheux sous le Kalahari du nord de la Namibie et du Botswana, à la recherche d’un réservoir de pétrole.

Ce territoire est l’un des écosystèmes les plus précieux d’Afrique. C’est un sanctuaire unique de grands mammifères, inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité. Il est aussi l’ultime refuge des San (autrefois appelés Bochimans).

Au mépris de l’écologie, de l’humain, de la faune et des contestations, ReconAfrica, une compagnie pétrolière canadienne, a récemment entamé son exploration massive par fracturation dans ce bassin écologiquement sensible du Kavango et de l’Okavango. 

Si l’on se fie aux estimations, ce sont 99 à 120 milliards de barils de pétrole qui seraient produits à partir de ce bassin. 

L’imposture

À l’instar d’autres compagnies à l’approche néocoloniale, cette pétrolière n’est pas en Afrique pour contribuer à son développement durable. Elle n’y est pas non plus sur la base d’un engagement ferme en faveur de la défense des droits de la personne. Et encore moins pour contribuer à relever les défis portant sur l’amélioration de la capacité d’adaptation de ce continent aux changements climatiques.

Elles font preuve de carence en termes de valeurs de solidarité, de coopération équitable, d’éthique, de responsabilité sociale et environnementale. Des valeurs que nous partageons au Québec. Cela les disqualifie pour « la nouvelle » Afrique. 

Le Québec en Afrique 

Les relations entre le Québec et divers pays d’Afrique, notamment francophones, remontent aux années soixante. 

Les Québécois(e)s incarnent effectivement des valeurs et des perspectives qui concordent avec les attentes de cette Afrique en métamorphose. Cette Afrique qui compte aujourd’hui 1,216 milliard d’individus dont 60 % sont des jeunes âgés de moins de 25 ans.

La culture qui caractérise les Québécois(e)s les prédispose à une ouverture très favorable en Afrique. Ils se qualifient pour une coopération harmonieuse à son essor économique, ainsi qu’à son émergence dans le contexte de changements climatiques.

Conséquemment, le Québec doit prendre sa place. Sa voie et sa voix doivent rayonner avec plus de puissance et de réverbération en Afrique. 

Sa spécificité, sa sensibilité, sa culture et ses multiples expertises sur les enjeux environnementaux, notamment, méritent d’être mieux connues et reconnues en Afrique.