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Assemblée nationale: des élus arrivent avec leur glacière pour éviter de se déplacer à Québec

Des députés apportent leurs victuailles pour leur retour au Parlement, afin de ne pas se déplacer en ville

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Arrivé à Québec, hier, le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, avait réservé un espace pour de la nourriture dans ses bagages afin de limiter ses déplacements dans la ville, où la COVID-19 est très présente.

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La reprise des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale constitue un dilemme pour les partis politiques, puisque la ville de Québec est en zone rouge foncé. Des députés de régions en jaune ou en orange préfèrent rester dans leur coin de pays, alors que des péquistes ont traîné leur glacière de nourriture pour éviter de se déplacer en zone d’urgence.

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Député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau insère une boîte à lunch dans sa valise pour venir dans la capitale nationale, où le virus et son variant britannique sont très actifs. Ses déplacements sont très limités. À son arrivée à l’aéroport Jean-Lesage, il se rend directement à son logis et n’en sort que pour se rendre au Parlement.

«Une fois rendu à l’appartement, je déballe mes victuailles, puisque je consomme localement, même à Québec; je consomme les produits des Îles», confie-t-il. Fier insulaire, Joël Arseneau souligne que la pêche au pétoncle et la pêche au crabe sont commencées, et qu’il aime bien apporter des fruits de mer dans sa glacière.

La dernière chose que souhaite le député, c’est de devenir un vecteur de transmission pour sa communauté. C’est pourquoi il s’impose des contacts sociaux très restreints, également une fois revenu aux Îles, où il privilégie les échanges virtuels.

Dans la capitale nationale, comme à Lévis, en Beauce et à Gatineau, des mesures d’urgence sont en place depuis maintenant une semaine pour freiner la progression de la maladie. Les écoles et les commerces non essentiels sont fermés.

Le portrait diffère d’une formation politique à l’autre quant à la présence des parlementaires à Québec. Certains partis comptent peu de députés représentant une région où la situation épidémiologique est enviable. Le Parti québécois n’a que huit élus à l’Assemblée nationale, dont plusieurs proviennent de zones jaunes.

Dépistage au retour

La décision revient ultimement à chacun des députés, souligne le leader parlementaire péquiste Martin Ouellet. Député de René-Lévesque sur la Côte-Nord, sa glacière l’accompagne aussi durant les six ou sept heures de voiture qui séparent Baie-Comeau de la capitale nationale. «Je ne ferais pas mon épicerie à Québec.»

Il se fait également dépister à son retour chez lui, comme le recommande le CISSS de la Côte-Nord. «Je l’ai fait la dernière fois, avant la semaine en circonscription; je me suis fait tester pour la COVID-19 à mon CISSS, j’ai eu mon résultat et, après, j’ai pu vaquer à mes occupations. C’est ce que je vais faire chaque semaine», précise Martin Ouellet.

Selon lui, il est important que les élus continuent à siéger en respectant des règles très strictes pour questionner le gouvernement sur sa gestion de la pandémie et faire des propositions.

«Les avantages l’emportent sur les inconvénients, mais je pense que les députés sont tous aussi conscients que la situation [épidémiologique] est particulière à Québec.»

Des absents

Du côté de la CAQ, le seul élu qui représente une circonscription en zone jaune ne se rendra pas au Parlement cette semaine. Le député Denis Lamothe restera donc dans son comté d’Ungava pour «les prochains jours».

«On a convenu qu’au lieu de faire venir Denis, on va faire venir quelqu’un qui est plus près, que c’est plus logique de faire siéger», dit Marc Danis, attaché de presse du whip du gouvernement. Étant majoritaire, la CAQ a plus de flexibilité pour distribuer les rôles en vue des travaux parlementaires, convient-il.

À Québec solidaire, on s’est limité à dire que la députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue Émilise Lessard-Therrien avait pris la décision de ne pas se rendre au Parlement cette semaine. La région est classée au niveau d'alerte orange.

Chez les libéraux, tous les députés représentent une circonscription en zone rouge.

Ce qu’ils ont dit    

«Je pense qu’il est tout à fait légitime pour les partis d’opposition de forcer le gouvernement à être meilleur par ses questions, par ses motions et par les points de presse où on a l’opportunité d’échanger avec les journalistes.»

— Martin Ouellet, leader parlementaire péquiste et député de René-Lévesque

«Sachant que le risque zéro n’existe pas, je pense qu’on observe toutes les mesures pour s’assurer qu’on puisse faire notre travail en évitant de contracter le virus ou de le transmettre.»

– Joël Arseneau, député péquiste des Îles-de-la-Madeleine

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