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Manoir Liverpool: Jacques Lévesque est décédé en hypoglycémie

Suite des audiences sur la mort de Jacques Lévesque

Le Manoir Liverpool, à Lévis, où Jacques Lévesque est décédé à 60 ans dans des circonstances nébuleuses, le 26 avril 2020, lors d’une éclosion de COVID-19.
Photo d'archives Jean-François Desgagnés Le Manoir Liverpool, à Lévis, où Jacques Lévesque est décédé à 60 ans dans des circonstances nébuleuses, le 26 avril 2020, lors d’une éclosion de COVID-19.

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C’est pendant un épisode d’hypoglycémie que Jacques Lévesque, diabétique depuis plusieurs années, a été retrouvé inconscient dans la salle de bain de sa chambre, au Manoir Liverpool de Saint-Romuald.

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Les minutes qui ont précédé l’appel au 911, par une employée de la résidence pour aînés, le 26 avril 2020, ont largement été abordées mardi, au deuxième jour des audiences publiques de la coroner Géhane Kamel, visant à faire la lumière sur les circonstances du décès de M. Lévesque. 

Questionnée par la coroner, la médecin de la victime a d’abord affirmé que le protocole pharmacologique qu’elle avait établi pour son patient en situation d’hypoglycémie n’avait pas été respecté «à la lettre».  

Elle s’est toutefois ravisée lorsque questionnée par l’avocat représentant le Manoir Liverpool, Me François Pinard-Thériault, en laissant entendre qu’elle ne détenait pas toutes les informations pour se prononcer.  

«Si l’état de conscience est altéré, normalement, la nourriture, ce n’est pas la meilleure chose [à administrer au patient]», a-t-elle poursuivi. 

Médicaments et nourriture

Constatant son état «agité», l’employée du Manoir aurait administré un ou des médicaments à M. Lévesque, en plus de lui donner de la nourriture, quelques minutes avant qu’elle ne le retrouve inconscient.  

Il a d’ailleurs été mentionné par plusieurs témoins que ses comportements étaient «changeants», lors d’épisodes hypoglycémiques sévères, qui pouvaient survenir «au moins» une fois par mois, selon ce qu’a affirmé son fils, Nicolas Verreault-Lévesque. 

Des précisions quant aux médicaments administrés à M. Lévesque lors des évènements seront clarifiées mercredi, lors du témoignage de l’employée qui est intervenue lors des tragiques évènements. 

Étouffement

La coroner a également rappelé que la cause la plus plausible qui pourrait expliquer le décès de Jacques Lévesque serait l’étouffement.  

Néanmoins, tous les témoins, dont le fils de la victime, ont affirmé que M. Lévesque ne présentait aucun problème de déglutition.  

«Bris de confiance» 

Lors de son témoignage, le fils de M. Lévesque a notamment fait état d’un «bris de confiance» envers le Manoir Liverpool, dans les mois qui ont précédé le décès de son père. Selon lui, M. Lévesque se plaignait de la qualité des soins qu’il recevait, ainsi que de la propreté de l’établissement.   

Lors de l’éclosion de COVID-19, à la première vague, M. Lévesque se serait aussi plaint du fait qu’il ne recevait pas de bains. Son fils dit alors avoir appelé le Manoir à deux reprises, pour obtenir en vain des explications. «[On m’a dit]: "Non, il doit se laver à la débarbouillette, point"», a-t-il indiqué. 

CHSLD

Par ailleurs, il a été révélé que Jacques Lévesque avait d’autres importants problèmes de santé, qui ont forcé la famille à entamer des démarches pour le reloger en Centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD).  

Il présentait un risque de chute, et un médecin avait recommandé le port d’un bracelet anti-fugue.  


Mercredi, plusieurs employés du Manoir Liverpool seront appelés à la barre des témoins.