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Apparence de collusion et climat toxique: rapport accablant pour le Centre de services scolaire de Montréal

L’organisation montréalaise est aux prises avec une crise interne

Centre de services scolaires de Montréal
Photo Pierre-Paul Poulin Les relations sont tendues depuis plusieurs mois entre les représentants des parents d’élèves et l’administration du Centre de services scolaire de Montréal.

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Apparence de collusion, climat de travail toxique et conflit d’intérêts, le conseil d’administration du Centre de services scolaire de Montréal est si dysfonctionnel qu’une intervention d’urgence est nécessaire, conclut un rapport commandé par le ministère de l’Éducation.

Selon nos informations, la situation est à ce point critique que le ministère n’exclut pas à ce stade-ci l’imposition d’une tutelle ou de mesures de surveillance sévères à l’endroit du conseil d’administration qui chapeaute le plus important centre scolaire du Québec. 

Les relations sont tendues depuis plusieurs mois entre les administrateurs représentant les parents d’élèves et la direction générale du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM). Le conflit a culminé la semaine dernière avec la démission de six administrateurs, dont la présidente du c.a. Mélisandre Shanks.

Un rapport réalisé à la demande du ministère par la firme de ressources humaines Brio, et dont Le Journal a obtenu copie, fait notamment état « d’actes répréhensibles » au sein du conseil d’administration, tels que conflits d’intérêts, bris de confidentialité et abus de confiance. 

La présidente démissionnaire Mélisandre Shanks a fait l’objet de deux enquêtes internes, en novembre 2020 et en janvier 2021, concluant qu’elle avait commis des manquements éthiques. « Les faits rapportés s’apparentent également à de la collusion, soit une entente secrète au préjudice d’un tiers », peut-on lire dans le rapport de Brio. 

Selon l’une de ces deux enquêtes qui lui a valu un blâme, Mme Shanks a participé à des échanges parallèles avec d’autres administrateurs, en marge des conseils d’administration officiels. Des informations confidentielles de la CSSDM auraient été partagées à ces occasions avec des personnes externes. 

Ces rencontres tenues en catimini auraient eu pour but de préparer des interventions afin d’influencer les décisions prises par le c.a., à l’insu des autres administrateurs. 

Silence des démissionnaires

Nous n’avons pas réussi à joindre Mélisandre Shanks. D’autres membres démissionnaires ont refusé de commenter. 

L’ex-présidente Shanks n’a pas non plus livré sa version des faits à la firme Brio. Elle aurait exigé de pouvoir échanger directement avec le ministère avant de collaborer. Le ministère a ensuite tenté de la joindre sans succès, selon la firme. 

« Pour le moment, le dossier est plongé dans une impasse [...] le statu quo n’est plus une option. Une intervention d’urgence est nécessaire », peut-on lire dans le rapport. 

Le rapport de la firme Brio fait aussi état d’un climat de travail difficile et de l’épuisement de certains employés. 

L’an dernier, les commissions scolaires ont été abolies pour être remplacées par des centres de services administratifs dirigés par des conseils d’administration formés de cinq parents d’élèves, cinq membres du personnel du centre administratif et cinq membres de la communauté. 

Lu dans le rapport 

Climat négatif

« De récents appels à l’aide de membres de la direction générale nous indiquent que le climat de travail entre le Conseil et la direction générale se dégrade. »

Fonctionnement déficient

« À la lumière des entretiens réalisés et des procès-verbaux consultés, il appert que l’efficacité du Conseil ne semble pas optimale. »

Éthique

« Le comité de gouvernance et d’éthique a la responsabilité de s’assurer que la formation a été complétée par les membres du Conseil. Toutefois, à ce jour, peu d’entre eux ont complété le programme de formation. »