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9e féminicide: des voisins et des proches secoués, mais pas surpris

Le décès de Carolyne Labonté a créé une onde de choc à Notre-Dame-des-Monts

Meurtre dans Charlevoix
Photo Jérémy Bernier Éric Levasseur et Carolyne Labonté demeuraient dans cette résidence située sur la rue Principale, à Notre-Dame-des-Monts, dans Charlevoix, avant le drame. La femme de 40 ans y a été retrouvée sans vie le 18 mars.

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NOTRE-DAME-DES-MONTS | La mort de Carolyne Labonté, confirmée lundi comme étant le 9e féminicide au Québec en 2021, a secoué la petite communauté de Charlevoix et les proches de la victime. Mais plusieurs n’ont pas été surpris d’apprendre qu’il s’agissait finalement d’un meurtre.

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La femme de 40 ans a été retrouvée sans vie le 18 mars dans sa demeure de Notre-Dame-des-Monts, vers 11h45.

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Bien que la cause du décès n’ait pas été révélée, au moins un coup de feu a été tiré dans cette tragique histoire. 

Après des semaines d’enquête, son conjoint, Éric Levasseur, 46 ans, a été arrêté lundi, alors qu’il était déjà incarcéré pour possession non autorisée d’une arme à feu. Il a été formellement accusé de meurtre au second degré, mardi. 

«C’est certain que la population est sous le choc, moi y compris. Je pense que personne n’imagine ça, personne n’est prêt à ça. Surtout dans une petite communauté comme la nôtre», a déclaré au Journal Alexandre Girard, maire de Notre-Dame-des-Monts.

Éric Levasseur et Carolyne Labonté.
Photo tirée de Facebook
Éric Levasseur et Carolyne Labonté.

Des rumeurs 

Si la nouvelle du décès de Mme Labonté a bouleversé son entourage, bien peu étaient surpris du revirement de situation qui a finalement mené à l’arrestation de M. Levasseur. C’est plutôt la thèse du suicide qui ne collait pas. 

«Éric l’isolait beaucoup. Il y a beaucoup de questionnements qui demeurent sans réponse, mais je savais que ce n’était pas un suicide, en partant. Je trouve ça extrêmement triste», souffle Sarah Gauthier, amie de la victime depuis vingt ans, étouffant un sanglot. 

Lise, la voisine directe du couple, avait des soupçons dès le début de cette histoire. Et dans une municipalité d’à peine 800 habitants, les rumeurs se propagent rapidement.  

«J’ai entendu la détonation d’un coup de feu, puis quelques instants après, j’ai vu le monsieur courir dans la rue. On se doutait qu’elle n’avait pas pu s’être fait ça toute seule», affirme-t-elle. 

Une personne «lumineuse» 

«Jamais je n’aurais pu penser que ce genre d’histoire aurait pu arriver ici, dans notre petit village tranquille. Tout le monde se connaît », confie pour sa part Régine, une autre voisine qui gardait souvent l’un des enfants du couple. 

Décrite par ses proches comme une personne « lumineuse, tellement souriante et colorée », Carolyne Labonté laisse derrière elle trois jeunes enfants.

«Pour sa famille, ses enfants et ses proches, c’est terrible. Ça me rassure que [le suspect] soit officiellement accusé, mais ça ne ramènera pas mon amie », conclut Sarah Gauthier.

— Avec la collaboration de Kathleen Frenette

Des réactions        

«Je demande à la population d’avoir une pensée pour la famille qui doit vivre son deuil. Elle a subi un choc lors de la mort de Mme Labonté le 18 mars et là, elle en subit un autre avec l’accusation de meurtre.»

– Alexandre Girard, maire de Notre-Dame-des-Monts

«J’ai sorti des photos sur ma table de tout ce qu’on a vécu ensemble, son sourire était lumineux. Je trouve ça excessivement triste, je ne souhaite ça à personne.»

– Sarah Gauthier, amie de longue date de Carolyne Labonté

«Ces choses-là, on ne peut jamais prévoir ça. Quand ça arrive proche de toi, tu te dis que ça peut arriver à n’importe qui. C’est sûr que ça m’affecte beaucoup.»

– Régine, voisine qui habitait en face du couple

«[J’ai] une empathie et une peine infinie pour la famille et les proches de cette femme. Je travaille avec beaucoup d’empressement sur les actions qu’on va être capable de mettre en place à très court terme [pour la violence conjugale].»

– Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique


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