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Cinquième anniversaire de la crise des opioïdes

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La Colombie-Britannique a marqué un triste jalon, mercredi, alors que la crise des opioïdes est officiellement entrée dans sa sixième année, après avoir fait près de 7000 victimes.

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Devant la flambée des décès par surdoses de drogues, la province du Pacifique avait officiellement déclaré un état d'urgence sanitaire le 14 avril 2016. Depuis, au moins 6853 Britanno-Colombiens ont perdu la vie, d'avril 2016 à février 2021, selon les plus récentes données du Bureau du coroner.

Loin de s'estomper, la crise des opioïdes avait connu une pointe en 2017 et 2018, avant de se calmer en 2019. Elle a cependant repris de plus belle dans la foulée de la pandémie, en 2020, année où 1724 consommateurs de drogues sont décédés des suites d'une surdose.

L'année 2021 s'annonce encore pire, avec 174 décès en janvier et 155 en février, des nombres records pour chacun de ces deux mois.

En comparaison, la COVID-19 a joué un rôle dans la mort d'environ 900 Britanno-Colombiens en 2020, selon les estimations du gouvernement.

«Nous ne permettrons pas à cette tragédie de se poursuivre. Aujourd'hui, nous allons de l'avant avec des mesures pour lutter contre la stigmatisation et pour aider à faire pencher la balance dans cette crise», a commenté le premier ministre John Horgan sur Twitter.

À l'occasion de ce triste anniversaire, le gouvernement provincial a, de nouveau, réclamé qu'Ottawa décriminalise la possession simple de drogue, afin d'inciter les consommateurs à chercher de l'aide.

L'ancien responsable de la santé publique provincial entre 1999 à 2018, le Dr Perry Kendall, est déçu que sa province n'ait pas su faire mieux.

«Si on regarde une carte de la Colombie-Britannique, des gens meurent dans toutes les villes et villages de cette province. Ce ne sont pas que des sans-abris. Il y a des personnes qui ont un emploi, des chômeurs, des gens qui ont une famille et des enfants. Des gens comme nous», a déploré le Dr Kendall en se confiant au «Vancouver Sun».

La crise est alimentée, en grande partie, par le fentanyl, un opioïde synthétique 100 fois plus puissant que la morphine qui est souvent mélangé à d'autres drogues, comme l'héroïne, parfois à l'insu des consommateurs.

La pandémie a aussi ostracisé davantage les consommateurs en compliquant l'accès à des services d'aide et en les amenant à consommer plus souvent seul, sans personne pour leur venir en aide en leur administrant de la naloxone – l'antidote au fentanyl – en cas de besoin.